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dimanche 24 mars 2013

Chypre, dernier bastion de la démocratie...


Cyprus, the democracy's final citadel

Alors que les beaux jours reviennent sur Athènes et qu'on attend avec eux un lot de touristes souriants et dépensiers, la crise semble se déplacer au gré des vents. C'est maintenant Chypre qui est touché de plein fouet.
Certes, la crise ne s'arrête pas aux frontières et l'imbrication des marchés explique assez facilement ce phénomène de contagion, on peut néanmoins s'étonner de voir cet incendie reprendre dans une zone ou il aurait, tout au moins, pu être anticipé.

D'ailleurs, à y regarder de plus près, ce graphique laisse penser qu'il l'a été, dès 2010 !


La crise chypriote trouve ses racines dans la dévalorisation des titres de la dette grecque, qui remonte à juin 2012. Il s'est donc passé dix mois pendant lesquels on a laissé l'île s'enfoncer doucement. Et maintenant que Chypre boit la tasse, la troïka, qui est restée silencieuse pendant tout ce temps, reprend son oeuvre de destruction.

Après avoir joué aux apprentis sorciers en proposant une taxe sur les dépôts (assimilée à du racket pur et simple par la population) la troïka, grâce à la BCE, a imposé un blocus monétaire sur l'île. Les banques ne seront plus alimentées en liquidités jusqu'à ce qu'elles acceptent le chantage de l'Europe. En clair : la BCE n'enverra plus d'euros aux banques chypriotes tant que le gouvernement chypriote n'aura pas cédé aux exigences de la troïka. En urgence et pour éviter les émeutes, la fermeture des banques a été décrétée à Chypre. Les distributeurs de billets fonctionnent toujours, mais quand toutes les liquidités auront été épuisées, ce sera le chaos. Personnellement, j'ai tendance à penser que la situation géostratégique de l'île incitera la BCE, si elle ne parvient pas à convaincre les politiciens chypriotes de céder, à revenir sur ses décisions avant d'en arriver là.



À Athènes, les banques se déclarent en mesure d'absorber les succursales des banques chypriotes afin de permettre à leurs clients de ne pas souffrir de ce blocus. Nul doute néanmoins que tout cela a un prix et que la Grèce présentera la facture à la troïka dans peu de temps si cette option est retenue.

Là où les choses se compliquent, c'est que Chypre est en partie soutenue par les Russes, non pas parce que tous les mafieux y ont placé leurs capitaux, mais surtout parce que l'île est utilisée comme un comptoir par les entreprises russes. Ces dernières y ont créé des filiales disposant de comptes bien rémunérés dont la vocation première était de ne pas subir une perte au change à chaque transaction entre la Russie et l'Europe. Même si la limite est parfois floue, dans ce cas présent, on est plus face à une astuce destinée à profiter du libéralisme européen qu'à un transfert de l'argent de la drogue et de la prostitution. Pour donner un peu d'air à Chypre, à défaut de racheter sa dette, la Russie peut donc menacer de vendre les plus de 350 milliards d'euros dont elle dispose, ce qui ferait chuter la monnaie. Elle peut aussi, si les Chypriotes sont d'accord, prêter tout ou partie de cette somme à Nicosie et lui permettre de contourner le blocus de la BCE pendant plusieurs années tout en affaiblissant progressivement l'euro.


Après le bolchevique, le Russe redevient l'ennemi parfait sous les traits du mafieux

Bien entendu, d'autres solutions sont envisageables, comme la création d'une monnaie nationale, utilisée parallèlement à l'euro, ou le recours à une monnaie étrangère (depuis sa crise monétaire et financière, le Zimbabwe vit avec des dollars américains sans le soutien officiel des USA). Mais cela ne se fera que difficilement sans la coopération des banques, et pour ces dernières, la solution proposée par la troïka est peut-être la plus avantageuse puisqu’elle leur permet de racketter leurs clients.



Bref, on se retrouve à nouveau à la table d'un jeu de poker menteur dans lequel les banques ne peuvent pas perdre, et dans lequel les citoyens européens, chypriotes ou non, ne peuvent rien gagner. Reste à savoir qui, des banques (représentées par le FMI et la BCE) ou de la Russie, raflera la mise. Quant à Chypre, tant que ses politiciens n'auront pas été remplacés par des technocrates mis en place par la troïka, on espère qu'elle résistera aux assauts de la finance, quitte à devoir s'éloigner de l'Europe.


Cyprus, the democracy's final citadel


While the spring days return to Athens and are expected with a lot of smiling and spending tourists, the crisis seems to be following the wind. It is now Cyprus which is hit hardly.
Sure, the crisis does not stop at the borders and overlapping markets easily explains this phenomenon of contagion, we still can be surprised to see the fire back in an area where it would, at least, have been anticipated.

Moreover, if we look more closely, this graph suggests it has been anticipated, and from 2010!





The Cyprus crisis is rooted in the devaluation of securities of the Greek debt, which started June 2012. Therefore ten months have passed during which the island was let sink slowly. Cyprus is now underwater, the Troika, which has remained silent all this time, is bac to its work of destruction.

After playing the sorcerer's apprentice by asking fir a tax on deposits (seen as an extortion by population) Troika, with the ECB imposed a monetary blockade on the island. Banks will no longer be supplied with cash until they accept the blackmail of Europe. That means the ECB will no longer send euros to Cypriot banks as the Cypriot government has not accepted the demands of the troika. In emergency and to avoid riots, the closure of banks was enacted in Cyprus. ATMs still work, but once all cash have been exhausted, there will be chaos. Personally, I think the geostrategic situation of the island will encourage the ECB, if it can't convince politicians to give up, to reconsider its decisions before Cyprus get there.



In Athens, the banks say they can absorb the subsidiaries of Cypriot banks to allow their customers not to suffer from the blockade. No doubt, however, that all this has a price and that Greece will give the bill to the troika fast if this option is selected.

Where things get complicated is that Cyprus is supported by the Russians, not because all the gangsters have placed their money there, but because the island is used as a counter by Russian companies. They have created subsidiaries with paying accounts whose primary purpose was not to suffer a loss on each transaction exchange between Russia and Europe. Even if the line is sometimes blurred, in this case, it is more a trick designed to take advantage of European liberalism than a transfer of money from drugs and prostitution. To give a little air at Cyprus, if Russia doesn't pay its debt, she can threaten to sell more than 350 billion euros she owns, which would be very bad for the currency. Russia may also, if Cypriots agree, loan all or part of this amount to Nicosia and allow the country to pass by the blockade of the ECB for several years while gradually weakening the euro.

After the Bolshevik, Russian is the perfect enemy again as a gangster

Of course, there are other options, such as the creation of a national currency, used in conjunction with the euro, or the using of a foreign currency (since the monetary and financial crisis, Zimbabwe lives with American dollars without official support from the USA). But this will be difficult without the cooperation of banks and so far, the solution proposed by the troika is perhaps the most advantageous for them since it allows them to extort money from their customers.


So, we are back at the table of a poker liar game in which banks can not lose, and in which European citizens, Cypriot or not, can not win. Now, it's still not sure whatever banks (represented by the IMF and the ECB) or Russia will take all. And about Cyprus, as its politicians have not been replaced by technocrats implemented by the troika yet, we hope that it will stand against the attacks of the finance, even if it means the country will have to move away from Europe.

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