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dimanche 24 février 2013

Quand le cynisme se déguise en stratégie politique à Athènes.


When political strategy is Cynicism in disguise in Athens.

Ce fut une semaine chargée que nous avons vécue dans la capitale hellénique. Et comme si cela ne suffisait pas, les cieux se sont déchaînés, et il faut signaler qu'à Athènes, la pluie peut bloquer la ville encore plus facilement que les grèves. Dans les rues inondées, même les chauffeurs de bus peuvent perdre le contrôle de leur véhicule. Rien de surprenant alors que des employés qui n'habitent pas à côté de leur lieu de travail appellent au bureau pour dire : "Je ne peux pas venir aujourd'hui. Il pleut."

Hier, un ami m'expliquait qu'une femme qu'il connaissait était morte pendant cette tempête parce qu'elle s'était retrouvée prise au piège dans un trou d'eau et avait paniqué.



Mais malgré sa rudesse, la météo n'a pas été le seul sujet de conversation en Grèce cette dernière semaine. Certes, les journalistes étaient en grève le jour du passage de François Hollande, mais ce serait mensonger de dire que cet événement est passé inaperçu. Puisque mes voisins m'ont demandé le lendemain si j'étais allé voir le président, c'est que l'information avait bien circulé.





Et je me suis en effet rendu, mardi en fin d'après midi, au lycée français d'Athènes pour écouter ce que le président avait à dire, et prendre quelques notes.

En introduction, nous avons eu droit à la crise, aux liens historiques entre nos deux pays et au grand projet européen. L'originalité est venue un peu après, quand le président nous a expliqué que nous étions sortis de la crise européenne, même si la crise économique n'était pas terminée. J'ai été un peu surpris de voir que l'on pouvait dissocier ainsi deux aspects de cette crise ; que l'Europe ne soit plus menacée d'explosion dans l'immédiat n'est une bonne nouvelle que si les peuples qui composent cette entité peuvent accéder à un certain bien-être. Dissocier ces deux points de vue me semble plus relever du tour de passe-passe que de la stratégie politique ; dire que la crise européenne est terminée, c'est le meilleur moyen de ne pas réfléchir sur l'Europe.

Ensuite, nous avons eu droit à quelques lieux communs sur le retour de la croissance, qui permettrait à la prochaine génération de retrouver l'espoir. Là aussi, en creux, le concept de génération sacrifiée est totalement assumé. De plus, en vivant à Athènes, je peux constater tous les jours à quel point le nombre de couples qui ont de jeunes enfants est réduit dans la capitale. Puisque le président aime saucissonner les problèmes, il doit être conscient qu'une crise démographique se profile à très court terme.





Mais la partie qui a le plus marqué les médias dans ce discours, la partie la plus choquante, concerne l'économie. Lorsque le président annonce que des privatisations vont être effectuées et qu'il refuse de dire si cela est "bien ou pas bien", c'est déjà limite. Quand il appelle les investisseurs et les entrepreneurs français à se montrer audacieux sur ce point, j'ai l'impression d'entendre : "à l'abordage". Encore une fois, l'Europe des citoyens passe derrière l'Europe des banques et des entreprises. Personnellement, j'en suis encore à me demander comment un président socialiste peut sonner le glas du service public à l'étranger et faire comme si ce genre de chose ne pouvait jamais arriver en France.


Le reste fut un ensemble de déclarations destinées à faire plaisir aux Français présents dans la salle, qu'ils soient fonctionnaires ou expatriés sans le soutien de l'État. L'exercice fut difficile, car après avoir appelé au pillage du service public grec, il a fallu que le président rebondisse sur un sujet plus consensuel (en l'occurrence, le français parlé à l'étranger) pour enchaîner avec ses encouragements aux Français sans leur donner l'impression qu'il les abandonnera quand la crise viendra frapper l'Hexagone avec autant de violence que ce qui s'est fait ici.





When political strategy is Cynicism in disguise in Athens.


It's been a busy week we've had in the Greek capital. And as if it was not enough, the weather was fit for a disaster, and it should be noted that in Athens, the rain may block the city more easily than strikes. In the flooded streets, even the bus drivers could lose control of their vehicle. No surprise then that employees who do not live near their workplace called the office and say: "I can not come today. It's raining."
Yesterday, a friend told me that a woman he knew died during the storm because she got trapped in a water hole and panicked.



But despite its harshness, the weather was not the only topic of conversation in Greece this past week. Certainly, journalists were on strike day pass François Hollande, but it would be misleading to say that this event was unnoticed. Since my neighbors have asked me the next day if I went to see the President, that means the information spread well.




And indeed I went to the French school of Athens in the late Tuesday afternoon to hear what the president had to say, and take a few notes.
In the introduction, we were told about the crisis, the historical ties between our two countries and the great European project. The originality came a little later, when the President told us European crisis was over, even though the economic crisis was not. I was a little surprised that he could separate these two aspects of the crisis. That Europe is no longer in danger of explosion in the immediate is good news only if the people who live in this territory can access a certain well-being. Separating these two points seems to be more semantic than political strategy. Saying the European crisis is over, it's the best way not to think about Europe.

Then we had a few platitudes about the return of growth, which would allow the next generation to find hope. Again, between the lines, the reality of lost generation is completely assumed. Besides, by living in Athens, I can see every day how the number of couples with young children is reduced in the capital town. Since the president likes dissociating problems, he must be aware that demographic crisis is coming in the short term.




But the part that interested media the strongest in this speech, the most shocking was about the economy. When the President announced that the privatization will be carried out and refuses to say whether it is "good or bad" it is already borderline. When he calls the French investors and entrepreneurs to be bold on this point, I seem to hear "on the board" from a pirate. Again, Europe for citizens passes behind Europe for banks and businessmen. Personally, I'm still wondering how a socialist president may be the death knell of public service abroad and acting as if this kind of thing could never happen in France.

The rest was a series of statements intended to please the French guys in the room, whether officials or expats without the support of the state. The exercise was difficult, because after calling the looting of Greek public service, the President had to bounces on a more consensual topic (ie, French spoken abroad) to continue with encouragement to the French without giving the impression that he will abandon them when the crisis hit the Hexagon with such violence that it was done here.




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