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dimanche 10 février 2013

Disette et esclavagisme à Athènes


Famine and slavery in Athens

Toujours beaucoup d'efforts pour que rien ne bouge en Grèce.
Et pourtant, le mois s'annonce difficile. Dans les immeubles où l'on n'a pas renoncé à se chauffer, les factures sont conséquentes.

À titre d'exemple, c'est un peu moins de cent cinquante euros pour un appartement de trente mètres carrés avec quelques heures de chauffage par jour seulement. Dans un pays où beaucoup de gens ont du mal à joindre les deux bouts, une telle facture en début de mois signifie qu'on va se serrer la ceinture jusqu'au retour des beaux jours.


Dans un tel contexte, rien de surprenant à ce que des scènes de violences éclatent lorsque des associations caritatives distribuent de la nourriture. Même la survie devient difficile.

Et pour ceux qui ont réussi à garder leur emploi, le nouveau challenge est de se faire payer.
La grève des marins a été cassée par le gouvernement, et malgré les salaires impayés, ils ont dû retourner au travail.


Sur le port du Pirée, la morosité a pris le dessus sur la contestation, et seul le fait que les salaires restent dus empêche de parler officiellement d'esclavagisme. Dans un pays où le mot "travail" (δουλειά) ressemble étrangement au mot "esclavage" (δουλεία) il n'en faut pas plus pour rappeler aux Grecs que la vie est dure et que la crise n'est pas terminée.

Dans ce contexte morose, la famille et l'église restent des valeurs refuges. En discutant hier, un ami m'a confié que le divorce était déjà un sujet tabou en Grèce avant la crise, mais que désormais, c'était devenu totalement impossible à envisager. La solidarité s'exerce pleinement au sein de la cellule familiale.
Dans le métro, j'ai aussi eu la chance de voir un homme s'adresser à un prêtre. En Grèce, les prêtres orthodoxes bénéficient d'une forte autorité morale, et quand une petite fille s'est approchée pour demander quelques pièces parce que son père jouait de l'accordéon dans le wagon, elle n'a pas été surprise de se voir gentiment éconduire par l'homme d'Église, pour recevoir ensuite l'aumône de la part de son interlocuteur. Une bonne action doit compter double lorsqu'elle est effectuée devant un barbu en robe...


Dans ce pays fier de ses valeurs (parfois même un peu trop), le peu d'autorité dont disposait l'État a totalement disparu avec la crise, mais pendant ce temps, les instances capables de prendre sa place (l'église, la police, l'armée...) se sont renforcées, ce qui n'est pas forcément un bon présage pour l'avenir.

Famine and slavery in Athens

Still a lot of effort for no change in Greece.
And yet, the month will be difficult. In buildings where heating has been on, bills are substantial.

For example, it is a little less than one hundred and fifty euros for a thirty square meters with a few hours of heating per day only. In a country where many people are struggling to make ends meet, such a bill early in the month means that belt will have to be tightened until the return of sunny days.



In such a context, it is not surprising that scenes of violence broke out when charities distribute food. Even survival turned difficult.

And for those who have managed to keep their jobs, the new challenge is to get paid.
Sailors strike was broken by the government, and despite unpaid wages, they had to return to work.



The port of Piraeus, the sadness has taken over the struggle, and only because wages are still due makes it impossible to speak about slavery yet. In a country where the word "work" (δουλειά) looks like the word "slavery" (δουλεία) there's nothing else needed to remind Greeks that life is hard and that the crisis is not over.

In this morose context, the family and the church are safe havens. Yesterday, a friend of mine told me that divorces were already a taboo subject in Greece before the crisis, but now it turned totally impossible to consider. The solidarity is fully and not negotiable within the family unit.
In the subway, I also had the chance to see a man speaking to a priest. In Greece, Orthodox priests have a strong moral authority, and when a little girl came up to ask a few coins because his father was playing accordion in the car, she was not surprised to see the clergyman gently turning away before she received alms from his interlocutor. A good deed is counting double when it's performed in front of a bearded man in a dress ...



In this country who's proud of its values ​​(sometimes too much) the little authority the State had completely disappeared with the crisis, but in the meantime, the authorities able to replace it (the church, the police, the army...) were strengthened, which is not necessarily a good sign for the future.

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