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dimanche 17 février 2013

Athènes, la résistance s'organise

Mercredi dernier, alors que j'étais en train de travailler sur un prochain roman dans ma cuisine, j'ai entendu des cris dans la rue. Je suis alors descendu pour voir ce qu'il se passait, et je n'ai pas eu de mal à trouver des manifestants en bas de la station de métro près de laquelle je vis.


Là, j'ai récupéré un tract que je me dois de retransmettre. Afin de respecter au maximum le texte original, j'ai parfois fait des entorses à la syntaxe française et je m'en excuse auprès des lecteurs.


Quand les policiers et les assassins fascistes...

Le premier février 2013, à environ neuf heures du soir, nous sommes informés au sujet d'un immigré, retrouvé mort sur les rails du métro à Thissio. Les médias appellent cela un suicide. Dans les hauts parleurs de la station, on ente "le train va terminer son parcours à la station Omonia à cause d'un obstacle sur les voies." Par solidarité, des immigrants et d'autres gens commencent à se regrouper près de cette station. Peu de temps après, les CRS arrivent, attaquent les manifestants et les dispersent en utilisant des gaz lacrymogènes. Pour continuer, ils les pourchassent et les appréhendent dans toute la zone. Quelques-uns sont arrêtés, on ne connaît pas encore leur nom et leurs coordonnées. D'après un témoin qui était avec Babakar Ndiaye, ils étaient en train de vendre leurs marchandises à Thissio quand ils ont vu des policiers municipaux s'approcher d'eux. L'un d'entre eux a été poursuivi dans Monastiraki et Babakar a été pourchassé par deux policiers à travers la station. Alors qu'il essayait de s'échapper, il s'est retrouvé coincé sur un pont au-dessus de la voie ferrée et durant la bataille pendant laquelle les policiers tentaient de voler sa marchandise, il est tombé de six à sept mètres de haut, sur les rails. L'immigré qui était avec lui a été arrêté un peu plus tard et s'est fait dérober ses marchandises. Ensuite, il est retourné à Thissio pour chercher Babakar et l'a retrouvé mort sur les rails. Les policiers n'étaient plus sur les lieux et sa marchandise avait disparu. Après cela, il s'est rendu à la station de police pour témoigner, déclarant qu'il se souvenait des deux policiers qui avaient poursuivi Babakar et qu'il pouvait les identifier. Sans surprise, cependant, dans le poste de police où tous les policiers de permanence pendant ce temps étaient supposés rendre compte, les deux qui étaient impliqués ne sont jamais revenus.

Dans la brutalité capitaliste où nous vivons, cette mort n'est pas un accident ou un incident isolé. Des corps d'immigrants sont trouvés sur les rivages et les plages grecques (entre autres), des charniers sont découverts aux abords des frontières des pays capitalistes développés, des travailleurs sont déchirés en morceaux dans les usines - fondements de nos économies, expéditions militaires avec des milliers de morts, personnes qui luttent abattues, prisonniers trouvés "suicidés" dans leur cellule, suicides à cause des dettes, meurtres d'immigrants par des fascistes (comme quand Shehzad Luqman s'est fait poignardé à Petralona le 17 janvier).
Un système qui applique le nettoyage racial et ose appeler cela "la bienvenue de Zeus", qui couvre et encourage le maintien journalier des attaques de policiers et de fascistes dans nos maisons et dans nos quartiers semble loin d'être centré sur les hommes... Mais, dans tous ces cas, il y a quelque chose qu'ils admettent, ils aspirent à purger les villes, sans personne pour résister, sans immigrants, avec la pauvreté et la misère bien cachées, littéralement et métaphoriquement.

Avec la crise comme excuse (en d'autres termes, la dominance des profits des grands patrons), le capital et ses pays redéfinissent les termes de l'exploitation. Pour nous désorienter, ils encouragent nos divisions et le cannibalisme social, essayant de nous persuader que nos ennemis sont les immigrants, les grévistes, les structures auto-organisées, les squats et les travailleurs sociaux qui refusent de se soumettre à ce qui leur est imposé, tous ceux qui combattent pour l'égalité, la liberté et la solidarité.

...la menace vient de ceux qui refusent de voir.

La seule solution pour nous est de trouver des moyens de coexister et d'agir groupés contre ce qui est en train d'arriver. Ensemble, nationaux et immigrants, sans hiérarchie ni discrimination de race, de sexe et de couleur, nous nous unissons contre toute forme de racisme fasciste et de brutalités policières, pour le monde que nous souhaitons créer. C'est pourquoi nous choisissons de participer aux assemblées solidaires avec les immigrants de l'ASOEE (tous les mardis à 18 heures), en essayant, par des luttes communes de nationaux et d'immigrants de faire cesser les attaques auxquelles nous sommes confrontés ainsi que celles à venir.

Initiative de l'Assemblée des immigrants et de ceux qui sont solidaires.
http://immigrants-asoee-fr.espivblogs.net/fr


Athens, resistance is organizing

Last Wednesday, while I was working on a new novel in my kitchen, I heard screaming in the street. Then, I went down to see what was happening, and I had not trouble finding demonstrators down the subway station near where I live.


There, I got a leaflet that I have to retransmit. As it's already in English, though there are a few mistakes, I won't type it again.


2 commentaires:

  1. On pense toujours que le pire est passé: quand cela s'arrétera t-il ?

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    1. J'ai peur que les choses ne s'arrangent pas de sitôt :(

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