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dimanche 3 février 2013

Athènes, la misère sera-t-elle moins pénible au soleil

Will misery be less painful under the sun 

À Athènes, les jours se suivent et ne se ressemblent pas, mais sur le plan climatique seulement. Pour le reste, les perspectives de changement existent, mais elles ne sont pas attendues avant l'arrivée des touristes. En attendant, il faudra faire des concessions. Comme les gens n'ont plus les moyens de remplir les cuves de fioul dans les appartements, les partisans d'une vie à la dure s'opposent à ceux dont la santé vacille, et malgré les quelques beaux jours qu’on a eus dernièrement, et pendant lesquels le chauffage collectif a été coupé, l'hiver n'a pas dit son dernier mot.
Heureusement, il y a le vent. Un vent froid et violent qui permet d'évacuer toutes les fumées crachées par les cheminées des habitants ayant opté pour un chauffage économique et traditionnel, mais polluant. Le vent rend l'air de la ville respirable.



Sortis de ces considérations météorologiques, nous naviguons à vue. Les grèves peuvent encore continuer pendant quelques semaines, et puis ça s'arrêtera parce qu'il ne faudra pas effrayer les touristes. Ce sont les derniers à pouvoir injecter de l'argent dans ce pays sans qu'il aille directement dans les banques. D'ailleurs, on commence à en croiser dans les rues de la capitale. Ils sont toujours bien accueillis, même s'il serait dommage de transformer le pays en station balnéaire pour échapper à la crise.

En parlant de la crise, on se demande s'il est préférable d'essayer d'en sortir ou seulement de s'habituer. Alors que le FMI reconnaît des erreurs dans les calculs qui ont imposé l'austérité, un économiste (John Sfakianakis) déclare que "la dynamique de la crise grecque est bien plus grave que ce que les politiques parcellaires de la «troïka» sont en mesure de guérir." Le problème, c'est que si l'économie n'est pas une science exacte, ses effets sur les populations sont on ne peut plus concrets. 

Dans ce chaos organisé, on apprend que Berlin serait "la Grèce de l'Allemagne" et on s'amuse de voir que ceux qui imposent leurs règles à l'extérieur ne sont pas capables de les faire respecter à l'intérieur de leurs frontières. Que le modèle allemand ne soit pas transposable hors d'Allemagne, cela ne surprend pas grand monde, mais qu'il ne soit pas applicable dans la capitale germanique, cela laisse supposer que ses défenseurs n'ont pas beaucoup étudié leur sujet.


De toute façon, ici, on ne se fait plus d'illusions. Depuis que la grève des transports a été cassée, les moyens pour les Grecs de faire entendre leur voix sont limités. Cette réquisition des employés du métro avait d'ailleurs été interprétée par un député de Syriza comme un appel à la violence. "Ils sont en train de dire aux gens, acceptez de mourir ou prenez les armes" avait déclaré Petros Tatsopoulos à la presse. Ces détracteurs en ont immédiatement profité pour prétendre que c'était lui qui appelait à prendre les armes. Maintenant que le Parlement est vu comme une chambre d'enregistrement des lois imposées par la troïka et que la politique se limite à des exercices sémantiques, l'emploi du style direct est fortement déconseillé dans les discours dont les morceaux peuvent être coupés au montage.

Et pour ceux qui commenceraient à réaliser que le chômage de masse, la précarisation des emplois et la diminution des salaires ne sont pas les séquelles de la crise, mais bien la façon dont le monde de la finance a décidé de gouverner l'Europe, il reste quelques sujets de diversion. En France, le mariage pour tous monopolise les débats, en Grèce, on s'attend au pire. Déjà, le commissaire européen à la Santé, le Maltais Tonio Borg, a estimé que le nombre important de fumeurs en Grèce était un poids pour l'économie du pays. Je ne serais pas surpris de voir le prix des cigarettes augmenter dans peu de temps, puis baisser à cause des manifestations. Cela permettra au peuple de se sentir écouté et de garder la situation sous contrôle jusqu'à la saison touristique.


Will misery be less painful under the sun 


In Athens, the following days are not alike, but only the weather changes. On the other point, the prospects for change exist, but they are not expected before the arrival of tourists. In the meantime, we must make concessions. As people can't offer to fill tanks of fuel in their apartments, supporters of a hard life argue with those whom health is jeopardized, and despite some beautiful days we had recently and during which the collective heating was off, the winter has not said its last word.
Fortunately, there is the wind. A cold and violent wind who can remove all fumes spewed from the chimneys of people who opted for economical and traditional, but pollutant heating. The wind makes the air breathable in the city.



Out of the weather considerations, we sail in the fog. Strikes may still continue for a few weeks and then they will stop because tourists must not be scared. These are the last to inject money into the country, money who's not going directly to the banks. Moreover, there are a few ones in the streets of the town. They are always welcome, even if it would be a shame to transform the country into a seaside resort to escape the crisis.

Speaking of the crisis, one wonders whether it is better to to stop it or just to get used to. While the IMF recognizes errors in the calculations that have imposed austerity, an economist (John Sfakianakis) states that "the dynamics of the Greek crisis is much more serious than poor policies of the" troika "are able to heal." The problem is that if the economy is not a hard science, its effects on populations can not be more specific.

In this chaos, we learnt that Berlin would be "the Greece of Germany" and it's fun to see that those who impose their rules abroad are not able to enforce them within their borders. It does not surprise many people that the German model is not replicable outside Germany, but if it is not applicable in the German capital, that suggests that its proponents have not studied it that well.




Anyway, here there is no longer any illusion. Since the transportation strike was broken, the ways for the Greeks to make their voices heard are limited. Requisition employees metro had also been interpreted by a member of SYRIZA as a call to violence. "They are saying to people, agree to surrender or die" Petros Tatsopoulos stated to the press. These detractors immediately took this opportunity to claim that he was the one who called for violence. Now that Parliament is seen as a rubber stamp for laws imposed by the troika and that the policy is limited to semantic exercises, the use of direct speech is strongly discouraged in speeches whom pieces can be separated from their context.

And for those who realize only now that mass unemployment, job insecurity and lower wages are not the results of the crisis, but the way the world of finance has decided to govern Europe, there are still some decoys. In France, marriage for all monopolizes all the debates. In Greece, the worst is expected. The European Commissioner for Health, Malta Tonio Borg has already said that the number of smokers in Greece was a burden on the economy. I would not be surprised to see the price of cigarettes increasing in a short time, and then going lower because of some demonstrations. This will allow people to feel they're heard and this could keep the situation under control until the tourists come.


4 commentaires:

  1. On entend a longueur de journée dans les médias que se sont que des grecs, qu'ils ont bien cherché,que se sont tous des feignants et des fraudeurs,bref que de charmants qualificatifs!Mais après avoir lu votre blog je crois la réalité toute autre...Enfin un peu de vérité dans cet océan de mensonges façon pravda!!!Continuez à nous informer.....Afin que la vérité se sache!

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    1. Merci pour ce message de soutien :)

      Les médias oublient aussi de dire que la France disposait d'une ambassade et de conseillers économiques à Athènes pour apprécier la situation sur place avant que la crise n'explose, et que pas un euro versé à la Grèce n'a profité au contribuable grec. Bref, je ne crois pas à un grand complot dans lequel les médias et les États seraient de mèche, mais plutôt à un manque d'objectivité et à un recours systématique aux titres accrocheurs qui déforment la réalité.
      En tous les cas, je continue :)

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  2. Bref, la situation ne changent pas; je vous souhaite une fin d'hiver clémente. A bientôt de vous lire. Philfff.

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    1. En fait, j'ai l'impression que beaucoup d'efforts sont faits pour que rien ne change. J'irai sans doute sur Le Pirée samedi, pour voir ce qui s'y passe, mais même si les marins semblent plus "revendicatifs" que les conducteurs de métro (en particulier parce que cela fait plusieurs mois qu'ils ne sont pas payés) je ne pense pas que les choses bougeront.
      En ce moment, les gens doivent payer le chauffage et beaucoup se demandent s'ils parviendront à manger jusqu'à la fin du mois... La situation est tendue, mais personne ne voit d'issue.
      À bientôt.
      Cedric

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