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dimanche 27 janvier 2013

Athènes, un début d'année froid et gris


Athens, a grey and cold new year

Après une petite période de redoux, le froid est revenu sur Athènes. Si les nouveaux arrivants se sont laissé surprendre par ce phénomène climatique, les Grecs sont habitués à cet « été indien » qui dure une dizaine de jours en janvier. Dans les appartements, par mesure d’économies, les quelques heures de chauffage quotidien ont été interrompues pour reprendre dès cette période de douceur passée.



Le climat n’est pas si rigoureux sur Athènes, mais il devient problématique pour une grande partie de la population pendant les grèves de métro. À ce sujet, j’ai été surpris de voir que la ligne en bas de chez moi était active alors que les quotidiens français, et même certains blogs supposés être rédigés sur place, titraient : « Athènes paralysée par la grève ».  Ce sentiment de décalage s’est accru lorsque je lisais : « La police réquisitionne les métros et met fin à la grève » le jour même ou toutes les rames étaient finalement bloquées. Je ne sais pas si je dois mettre ce phénomène sur le compte des médias qui ne reculent devant aucune désinformation pour disposer de titres accrocheurs ou sur la mauvaise habitude qu’ont les Grecs de parler du train quand ils désignent la ligne 1 du métro athénien.

Maintenant, les choses ont repris leur cours normal. Les manifestations se succèdent et se ressemblent. Hier, je me suis promené dans une ville où le mécontentement était presque palpable. C’est devenu une habitude sur Athènes, et tous ceux qui y vivent savent qu’ils risquent tous les jours de se retrouver bloquer chez eux s’ils habitent en banlieue ou qu’ils pourront y voir défiler des manifestants s’ils vivent près du centre-ville. Maintenant qu’une grève (la plus longue jamais connue, d’après les habitants) a été cassée au bout de six jours, la contestation n’est plus qu’une donnée supplémentaire de l’équation, un chiffre. Et cela ne fait qu’amplifier le sentiment d’impuissance et de résignation qui règne dans la ville.



D’ailleurs, les médias ne parlent plus que de l’olivier de Platon qui a été abattu pour faire du bois de chauffage et sur place, on ne manque pas d’incriminer des SDF ou des gitans sans que les journalistes pensent à demander aux témoins capables d’affirmer de telles choses pourquoi ils ne sont pas intervenus.
Dans ce pays qui a été colonisé pendant plus de quatre siècles (la Grèce ottomane) et dont l’identité culturelle actuelle est expliquée par le fait que les habitants aient « résisté au métissage » pendant toute cette période, l’étranger, à moins qu’il soit touriste, a toujours mauvaise presse.
J’ai bien peur que d’ici peu, au même titre que l’insatisfaction, le racisme devienne une simple donnée de plus au problème grec, un chiffre qui n’aura d’autres conséquences que l’augmentation du nombre de députés d’extrême droite au parlement. Certes, une grande partie de la population considère ce parlement comme une simple chambre d’enregistrement des mesures imposées par la troïka, mais il faut tout de même garder en tête qu’à force de tolérer l’intolérable, on finit par devoir supporter l’insupportable. L’Europe est en train de vivre cette expérience sur le plan économique, il serait dramatique qu’elle ait à la revivre sur le plan politique.


Athens, a gray and cold new year

After a short time of warmer weather, the cold is back in Athens. If newcomers were caught by this climatic phenomenon, the Greeks are accustomed to this "Indian Summer" for ten days in January. In the apartments, in order to save money, the few hours of daily heating were interrupted and came back once the heat was gone.



The climate is not so harsh on Athens, but it becomes problematic for a large part of the population during the subway strikes. Thereupon, I was surprised to see that the line near my flat was active while French newspapers, and even some blogs supposed to be written in Greece, headlined: "Athens paralyzed by the strike." This feeling of displacement increased when I read: "The police commandeered subway and ended the strike" the day all lines were finally blocked. I do not know if I should put this on the account of the media who don't care about lying when they try to catch readers or on the account of the Greeks who call "train" metro line 1 of Athens.

Now, things are back to normal. Protests follow protests. Yesterday, I walked in the city where discontent was palpable. It has become a habit of Athens, and all the ones who live here know that they risk every day to be blocked at home if they live in the suburbs or to see the protests if they live near the city-center. As a strike (the longest known, from the inhabitants) was broken after six days, protesting turned to be an additional part of the equation, a number. This point only amplifies the feeling of helplessness and resignation reigning in the city.



Moreover, media mainly speaks about the Plato's tree who was cut to provide firewood. According to the neighborhood homeless or gypsies are to be blamed, but journalists only forgot to ask witnesses who can say such things why they did not intervene.
In a country that has been colonized for more than four centuries (Ottoman Greece) and whose cultural identity is now explained by the fact that people "resisted mixed couples" during this period, foreigners, unless they're tourists, are easily pointed.
I'm afraid soon, as well as dissatisfaction, racism becomes just a number in the Greek problem, a figure that will have no consequences other than increasing the number of members of extreme right party in the parliament. Certainly, a large part of the population considers this parliament as a rubber stamp to validate the measures imposed by the troika, but one always should still in mind that by tolerating the intolerable, one ends up by having to bear the unbearable. Europe is going through this experience economically, it would be tragic the continent would have to experiment it on the political level again.

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