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dimanche 9 décembre 2012

Une démocratie froide et poisseuse


A cold and sticky democracy

L'hiver est tombé sur Athènes. L'air froid et humide n'épargne personne, et malgré la crise, on se prépare à fêter Noël. Sur la Place du Parlement, un marché d'hiver prend forme lentement. Pour l'instant, il n'y a que des échafaudages et des panneaux publicitaires, mais on s'attend à voir rapidement apparaître les échoppes et la piste de patinage.




Ce lieu hautement symbolique, point de rassemblement de tous les contestataires de la ville quand il s'agit de montrer aux journalistes du monde entier que le peuple souffre, redevient pour quelques semaines un endroit dédié à la consommation, une attraction pour touristes. Entre magie de Noël et manipulation de masse, la nuance est parfois difficile à saisir.





En attendant, le chauffage a été réactivé dans l'immeuble où j'habite. Tous les jours, entre dix-huit en vingt-deux heures, les radiateurs amènent un peu de chaleur et me permettent d'aller me coucher sans grelotter.


Sur le plan politique, tout le monde est rassuré, la partie de poker menteur touche à sa fin. Le gouvernement grec a fait semblant de plier en imposant une cure d'austérité drastique, la troïka a fait semblant d'imposer sa volonté, ou plutôt celle des marchés, en exigeant toujours plus. Maintenant, l'heure est venue où tout le monde fait ses comptes. Du côté des gagnants, les banques ont été sauvées, les castes les plus privilégiées n'ont pas souffert et tout ce qui représente l'autorité sort renforcé. Dans ce pays ou beaucoup de gens sont convaincus que la Turquie n'attend qu'une occasion pour envahir à nouveau le territoire, on ne pouvait pas à la fois brandir la menace d'une sortie de la zone euro et demander au gouvernement de baisser le budget de la défense. Du côté des perdants, le niveau de vie des plus pauvres s'est nettement dégradé, et le sentiment d'injustice que cela engendre est renforcé par la deliquescence d'un service public aux abois.





Les fêtes de Noël risquent de ne pas suffire pour relancer l'économie, mais si elles parviennent à montrer qu'il suffit de construire une patinoire et quelques cabanes en bois pour protéger le Parlement, alors elles auront au moins servi à renforcer la démocratie européenne telle que les marchés l'imaginent pour nous, froide et poisseuse.


Décidément, même en Grèce, le Père Noël est une ordure.






A cold and sticky democracy

Winter has felt on Athens. The cold and the wet spares no one, and despite the crisis, all are preparing to celebrate Christmas. On Parliament Square, a winter market is slowly constructed. Just now, there are scaffolding and billboards only, but the shops and the skating place are expected to appear soon.


This highly symbolic meeting point for all the protesters in the city when they had to show international journalists that the people suffer, has become, for a few weeks, a place dedicated to consumption, a tourist attraction. Between Christmas magic and mass manipulation, the frontier is sometimes difficult to grasp.


Meanwhile, the heating has been reactivated in the building where I live. Every day, between six pm and ten pm, radiators bring a little heat and allow me to go to bed without shivering.

On a political point of view, everyone is reassured, the poker game is almost done. The Greek government has pretended to bend by imposing drastic austerity, troika has pretended to impose its will, or rather the markets' ones, by always demanding more. Now the time has come when everyone does its sums. On the winning side, the banks were saved, most privileged castes did not suffer and all that represents the authority has been strengthened. In this country where many people are convinced that Turkey expects an opportunity to invade the territory again, it was crazy to use the threat of leaving the euro area and to ask the government to reduce the defense budget. On the losing side, the lifestyle of the poorest has deteriorated markedly, and the sense of injustice that it engenders is reinforced by the deliquescence of a desperate public service.


Christmas may not be enough to reboot the economy, but if building an ice rink and a few wooden huts is enough to protect the Parliament, then this Christmas market will at least have served to strengthen European democracy as markets imagine for us, cold and sticky.

For sure, even in Greece, Santa is douche bag.

Merry Christmas

7 commentaires:

  1. c'est dingue...Jusqu'où l'homme peut-il supporter l'oppression en faisant semblant que tout va bien?

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    1. Je crois que tout est étudié pour qu'il en supporte un maximum
      L'orchestre du Titanic jouait bien "Ce n'est qu'un au revoir" au moment du naufrage...

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  2. Il faudrait arreter de faire du misérabilisme et de décrire la Grèce comme un bangla desh! les gens comme vous m'exaspèrent.
    vous avez des réflexes de franco franchouillard, un peu colonialiste sur les bords.
    Il faut parler de la dignité des grecs, de leur formidable capacité à résister activement et passsivement.ils ne se plaignent jamais, contrairementà ces geignards de Français.
    je suis là depuis 6 ans, on n'habite pas dans le même pays!
    Qui vous paie pour abimer son image ?

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    1. gbenichou a écrit:
      Il faudrait arreter de faire du misérabilisme et de décrire la Grèce comme un bangla desh! les gens comme vous m'exaspèrent.
      vous avez des réflexes de franco franchouillard, un peu colonialiste sur les bords.
      Il faut parler de la dignité des grecs, de leur formidable capacité à résister activement et passsivement.ils ne se plaignent jamais, contrairementà ces geignards de Français.

      Commentaire brillant d'inepties comme seuls savent en rediger les expatries argentes enfermes dans leur cercles,ambassade,Chambre de commerce des francais de l'etranger et j.en passe. Votre commentaire est a vomir Mr Benichou et me fait songer aux expats rencontres a Bangkok se plaignant des couts de leurs bonnes qui venaient d'augmenter, passant de 60 euros a 100 euros mensuels pour 16h de travail journalier et 7 jours sur 7...
      Il est certain qu'un francais installe en Grece ou il doit joyeusement profiter d'une main d'oeuvre a bon compte ne peut que se feliciter de la Crise...

      je suis là depuis 6 ans, on n'habite pas dans le même pays!
      Qui vous paie pour abimer son image ?

      Et on acheve sur l'eternel plan paranoiaque destine a rependre un venin de mefiance conspirationniste pour masquer la realite de la Grece etranglee par un liberalisme frenetique et meurtrier. Il est certain que si les Grecs se suicident, voire s'immolent en public, c'est parce que tout va TROP BIEN chez eux....

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    2. Cher Gbenichou,

      Les Bangladeshis apprécieront ce trait d'esprit franco-franchouillard, voire carrément colonialiste, de ta part.

      Cela étant dit, je pense être un gars tolérant et plutôt ouvert, alors quand j'ai vu qu'un type qui vivait sur place depuis six ans avait une vision différente de la mienne, hormis la bassesse de ses insultes et de la petitesse de ses insinuations (j'y reviendrai plus tard) je me suis dit chic, je vais pouvoir apprendre des choses. Je suis donc allé sur ton blog.

      Merkel évoque un (très) éventuel effacement de la dette Grecque...Le malade mourra guéri !

      Les créanciers de la Grèce font le minimum.To Vima.

      Paiements à la Grèce: «L'espoir fait vivre, l'attente fait mourir...»

      Les demandes de plus en plus insensées de la Troïka.

      Quand Merkel rime avec Machiavel...

      La traversée du désert, par Elias Makris.

      Et là, je me dis : "Tu te fous de ma gueule ?"

      Il semblerait que nous sommes d'accord sur un point : la démocratie est en danger en Grèce. Je pense d'ailleurs qu'elle l'est dans toute l'Europe... mais c'est un autre débat.

      Alors, que nous vivions cela différemment en fonction du quartier où nous nous sommes installés, de notre vécu, de notre éducation, de notre philosophie... ou que sais-je encore, cela n'a rien de réellement exceptionnel. Ce qui me surprend en revanche, c'est que tu en profites pour m'insulter et pour mettre en doute mon intégrité. Si tu vois de la résistance passive là où je vois de la résignation, libre à toi d'expliquer la différence, je n’aime pas perdre mon temps en faisant de la sémantique.

      En fait, j'ai l'impression que ton commentaire n'a pas pour autre but que d'insulter les Français que tu traites de geignards. Dans ce cas, tu ferais mieux d'écrire un billet sur ce sujet. Mais ne t'étonne pas ensuite de voir des bas du front dans ton genre demander : "Qui vous paie pour abimer leur image ?"
      Et si je peux te donner mon avis : il y a des tas de gens qui se réveillent de mauvaise humeur (surtout le lundi matin) et qui se soulagent en écrivant des insultes sur le net. Cela n'a jamais rien résolu !

      Cordialement

      Cedric Citharel

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  3. Je persiste et jesigne, les gens comme vous font beaucoup de mal à ce pays.
    Quand aux franchouillards, dont vous faites partie, je ne vous ai pas attendu pour dénoncer l'effroyable déclin de ce pays.

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    1. Heureusement que tu ne m'as pas attendu... puisque cela fait six ans que tu es là.
      Comment est-ce que je ferais du mal à ce pays ? En racontant ce que j'y vois et ce que j'y entends ?
      Quant à tes insultes, elles ne font qu'illustrer ton incapacité à tenir des propos cohérents. C'est dommage.
      Tu peux continuer à persister, il n'y a que pour les crétins qu'un mensonge répété mille fois devient une vérité.

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