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dimanche 16 décembre 2012

Le sauvetage de la Grèce n’est pas un miracle de Noël.


The rescue of Greece is not a Christmas miracle.

Aujourd'hui, tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, mais il convient de faire quelques rappels sur la situation, quitte à gâcher un peu l’ambiance.

Comme je l’ai souvent signalé sur ce blog, la Grèce ne peut sortir de la zone euro que si elle le demande. Certes, le gouvernement fantoche mis à la tête du pays par la troïka pourrait faire cette demande sur ordre, mais cela n’est plus à l’ordre du jour.
Pour comprendre ce qui se passe en Grèce, il faut en permanence garder quelques points en tête.
– La politique grecque n’est plus élaborée par le peuple grec et n’est plus destinée à faire en sorte d’améliorer ou de sauvegarder le bien-être de ce peuple.
– L’Europe est de facto solidaire de la dette grecque. La banqueroute du pays affaiblirait tellement l’euro qu’il est préférable de payer ses dettes que de voire la monnaie européenne s’écrouler.
– La position géostratégique de la Grèce, et celle de Chypre, qui dépend économiquement de son voisin hellénique, rendent indispensable une certaine stabilité dans la zone. Au pire, l’Occident se contenterait d’une dictature militaire dans le pays (le pointa déjà été abordé, y compris par des politiciens français), mais seulement si cette dictature était source de stabilité.
– Désormais, la crise qui secoue la Grèce est principalement monétaire. Sur le plan économique, les mesures ont été prises afin de rendre la dette viable, et même remboursable sur plusieurs décennies.

En partant de ces quelques faits, on peut imaginer le futur de la façon suivante.

La Grèce va se redresser doucement, et le monde de la finance va s’attaquer à un nouveau pays (l’Italie ? l’Espagne ? la France ?) Maintenant que l’on sait jusqu’à quel point les salaires peuvent baisser en Europe (direct et indirects) le patronat ne manquera pas cette occasion pour tout niveler par le bas.

Comme il est peu probable que le Moyen-Orient se stabilise dans de brefs délais, le pays continuera de servir de zone tampon et de garde frontière pour l’Europe. À cet effet, la Grèce ne sera pas abandonnée.



Si la dette venait à nouveau à exploser, il est fort probable que les militaires prendraient le pouvoir. Ils ne seraient pas les plus compétents pour résoudre le problème, mais appliqueraient sans rechigner les consignes de la troïka et assureraient la stabilité stratégique du pays (frontières, police, armée).

Pour ce qui est des investissements étrangers, ils ne reprendront pas avant longtemps. Les grosses sociétés qui s’étaient installées en Grèce (Carrefour, Crédit Agricole...) avaient surtout pour ambition de se servir du pays pour s’attaquer à des marchés extra européens. Comme la situation des voisins de la Grèce s’est détériorée, ils n’ont plus aucun intérêt à occuper la zone.

Sauf découverte majeure (on parle de puits de pétrole le long des côtes depuis quelques mois déjà) le pays va vivre du tourisme et de l’expatriation. Accessoirement, il servira aussi de laboratoire pour abaisser, voire supprimer, tout ce qui rendait la vie en Europe agréable. L’éducation, la santé, le système de retraite… ces mots ne seront bientôt que des souvenirs, et pendant ce temps, les patrons du CAC 40 continueront de voir leurs rémunérations augmenter.

The rescue of Greece is not a Christmas miracle.

Today, everything seems to be the best in the best of all possible worlds, but there are a few things to remind about the situation, even if it spoils the mood a little.

As I have often pointed out on this blog, Greece may leave the eurozone only on it's own demand. While the puppet government put at the head of the country by the troika could ask for it, this seems not to be on the agenda anymore.
To understand what is happening in Greece, we must constantly keep a few things in mind.
- The Greek policy is not implemented by the Greek people and is not intended to improve or safeguard the well-being of the people.
- Europe is de facto liable with the Greek debt. The bankrupt of the country would so weaken the euro that it is better for it's neighbors to pay its debts than to see the European currency collapsing.
- The geostrategic position of Greece and Cyprus, which is economically dependent on its neighbor Greece, make the stability of the area essential. At worst, the West would be satisfied with a military dictatorship in the country (this point has already been discussed, including by French politicians), but only if that dictatorship was a source of stability.
- Now the crisis in Greece is mainly monetary. On the economic front, measures have been taken to make debt sustainable, and even repayable over several decades.

Based on these facts, we can imagine the future as follows.

Greece will recover slowly, and the world of finance will tackle a new country (Italy? Spain? France?) Now that we know the extent to which wages may fall in Europe (direct and indirect) employers will not miss this opportunity to make everything goes down.

As it is unlikely that the Middle East stabilizes in a short time, the country will continue to serve as a buffer zone and border guard for Europe. To this end, Greece will not be abandoned.


If the debt were to explode again, it is likely that the military take power. They would not be the most appropriate to solve the problem, but without complaining they would apply instructions Troika and would ensure the strategic stability of the country (border police, army).

Regarding foreign investment, they will not return before long. Large companies who had settled in Greece (Carrefour, Crédit Agricole ...) were here to use the country to address markets outside Europe. As the situation in neighboring Greece deteriorated, they have no longer any interest in occupying the area.

Unless major discovery (oil wells along the coast have been a serious subject of conversation for a few months already) the country will live on tourism and expatriation. Incidentally, it will also serve as a laboratory for lowering or eliminating everything that made life pleasant Europe. Education, health, pension system ... these words will be only memories soon, meanwhile, the bosses of the CAC 40 (French FTSE) will continue to see their wages increase.



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