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dimanche 2 décembre 2012

Athènes, la vie continue


Life goes on in Athens

Comme tous les dimanches, le marché aux puces d'Athènes de désemplit pas. Entre les vêtements chauds et solides à bon marché, les vélos neufs ou d'occasion, les contrefaçons et les outils dont on n'est pas sûr qu'ils seront assez solides pour servir plus d'une fois, ce ne sont pas les produits qui manquent.



Comme d'habitude, je me fraye difficilement un passage parmi les badauds et les enfants qui mendient dans les rues, une guitare dans une main, un gobelet dans l'autre. Sur ce triste sujet, je dois admettre que les quelques années que j'ai passées aux Philippines m'ont blindé. Les bonnes actions individuelles, destinées à rendre un peu plus supportable le quotidien des moins chanceux, a surtout pour effet de renforcer le système responsable de leur situation. Un peu de réconfort pour les uns, un peu de bonne conscience pour les autres, et la vie continue comme si tout était normal.

D'ailleurs, on ne sait même plus ce qui est normal et ce qui ne l'est pas. Nul ne sait pendant combien de temps la situation continuera de se dégrader, mais la seule chose dont tout le monde est certain, c'est que ça pourrait être pire.
cette semaine, j'entendais même un professeur de français s'étonner que tous ses élèves partent à l'étranger pendant les fêtes de fin d'année. En Grèce, des employés ont vu leur salaire diminuer dramatiquement, des retraités ont vu leur revenus divisés par deux, beaucoup de commerces ont fermé, mais les restaurants qui ont survécu ne désemplissent pas. La misère, de plus en plus présente, côtoie cette partie de la population pour qui la crise n'a pas eu d'effets.



Bien entendu, je n'ai rien contre ces gens qui ont été épargnés par ce qu'on appelle "la crise". Je fais moi-même partie des chanceux et j'espère le rester. Je me dis seulement que si cette petite partie de la population parvient à relancer l'économie et à stabiliser la situation du pays, les plus pauvres auront du souci à se faire ; dans la logique d'optimisation des gains qui est la nôtre aujourd'hui, nous serons enfin devenu compétitifs et il n'y aura plus aucune raison de leur venir en aide. Leur sort sera scellé.



Life goes on in Athens

Like every Sunday, the flea market of Athens is crowded. Between strong and warm cheap clothes, new and second hand bikes, fake and the tools we're not sure they will be strong enough to be used more than once, nothing is missing.



As usual, I hardly find a way between bystanders and begging children in the streets, with a guitar in one hand and a cup in the other. On this sad point, I must admit that the few years I spent in the Philippines have made me hard. Good individual behaviors, made to turn the lives of the less fortunate more bearable, mainly strengthen the system who's responsible for their situation. Some comfort for some, a bit of good conscience to others, and life goes on as if everything was normal.


Moreover, we do not even know what is normal and what is not. Nobody knows how long the situation will continue to deteriorate, but the one thing that everyone is sure about is that it could be worse.
this week, I even heard a teacher of French who wondered all students would go abroad during the holiday season. In Greece, workers have seen their wages dramatically falling, retirees have seen their incomes halved, many businesses have closed, but restaurants that have survived are full. Misery, more present, is near this part of the population for whom the crisis has had barely no effect.



Of course, I have nothing against these people who were spared by the so-called "crisis". I am one of the lucky guys and I hope I will stay one of them. I'm just saying that if this small part of the population is able to stimulate the economy and stabilize the situation in the country, the poorest will have to worry. In the logic of maximizing gains who rules nowadays we will finally become competitive and there will be no reason to help them. Their fate will be sealed.

2 commentaires:

  1. La dernière fois que j'ai mis les pieds à Athènes, j'allais acheter des vieux polars français dans une petite boutique aux Puces, Dire qu'alors je marchandais le prix ! c'était avn la crise : je ne me le permettrais plus maitenant ! Merci pour tes articles !
    Philfff

    http://philfff.blogspot.com

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