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dimanche 25 novembre 2012

On a touché le fond, mais on peut toujours creuser


Rock bottom is hit, but we still can dig

Dire qu'il ne se passe rien en Grèce serait un peu facile, mais il faut bien avouer que les changements ne sont pas flagrants. Sur le plan politique, plus personne n'ose espérer quoi que ce soit, alors on attend des jours meilleurs en s'amusant du refus de la troïka de soutenir l'économie. Le pays se voit obligé d'emprunter sur les marchés privés, à des taux d'intérêt plus élevés, et pour lui permettre de rembourser, les gouvernements des pays voisins commencent à envisager d'annuler à nouveau une partie de sa dette.
Quand on ne regarde que les extrémités de l'équation, on se rend compte que cette crise sert à transférer l'argent des contribuables européens vers les marchés financiers. Ces derniers ne s'y trompent d'ailleurs pas : l'euro remonte.

Et les Grecs dans tout cela ? Eh bien, ils ne voient pas un centime de l'argent qui est détourné sur leur dos. Ils n'ont plus d'espoir, plus d'avenir et se contentent de survivre. La résilience est forte. Les hommes s'habillent dans les surplus militaires et les femmes portent des joggings. La mode est au fonctionnel. Chez soi, les journées sans soleil, on se chauffe à la bougie.



Avec des pitas à moins de deux euros et des cigarettes dont le prix a baissé pendant la crise, pour peu qu'on puisse loger chez un membre de sa famille, on ne vit pas si mal. Et pour ce qui est de l'avenir, de la santé et des projets, dans ce pays très croyant, on s'en remet à Dieu.

Et les riches dans tout ça ?

Ce serait malhonnête de ma part de ne pas parler d'eux. Bien qu'ils vivent principalement sur les hauteurs et en bord de mer, il m'arrive d'en croiser dans le centre-ville. Un jour, j'ai même entendu qu'il n'y avait que les putes et les étudiants qui habitaient dans le coeur d'Athènes. C'était bien sûr très exagéré. J'en veux pour preuve cette scène digne de gossip girl (toutes proportions gardées) pendant laquelle des adolescents ont maquillé, habillé et coiffé la miss de leur établissement dans le Starbucks de Monastiraki, à côté du marché aux puces.




Comme dans toutes les crises, une partie de la population doit se priver pendant qu'une autre voit seulement baisser le montant qu'elle peut mettre de côté chaque mois. Quant à ceux qui s'enrichissent encore plus depuis que la crise a éclaté, je pense qu'ils ont quitté le pays.



Rock bottom is hit, but we still can dig

Saying nothing is happening in Greece would be a little easy, but it has to be admitted that changes are not obvious. On a political point, nobody has hope anymore, so we expect better tomorrows and have fun by watching the Troika's refusal to support the economy. The country is forced to borrow from private markets at high interest rates, and to enable it to repay, the governments of neighboring countries are thinking again about cancelling a part of the debt.
When we look at the ends of the equation, it turns obvious this crisis is used to transfer money from European taxpayers to the financial markets. By the way, these latter are not mistaken, the euro rises.

And the Greeks in all this? Well, they do not see a penny of the money stolen on their backs. They have no hope, no future and simply survive. Resilience is strong. Men dressed in military clothes and women wear tracksuits. Fashion is functional. Homes, the days with no sun, are warmed with candles.



With pitas for less than two euros and cigarettes whose prices fell during the crisis, for the ones who can stay under the roof of a family member, live is not that bad. Concerning future, health and projects, in this very religious country, people rely on God.

What about the rich?

It would be dishonest of me not to mention them. Although they live mostly in the hills and near the sea, I sometimes see some in the city center. One day I was told that there were only whores and students who lived in the heart of Athens. This was of course greatly exaggerated, the proof is this scene who could be from gossip girl (a Greek version) while adolescents make up, dressed and fixed the hair of the miss of their establishment in the Monastiraki Starbucks next to the flea market.



As in all crises, a part of the population must be deprived while another only have to reduce the amount they can save every month. For those who have turned richer since the crisis came, I think they have left the country.

2 commentaires:

  1. Ce blog est particulièrement intéressant, car c'est je crois dans les détails, vus sur place, que se révèle une certaine vérité de la crise, sans doute complexes et déformée par les projecteurs des médias. merci de nous faire partager ce quotidien parfois lourd de sens.

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    1. Tout le plaisir est pour moi.
      Merci pour votre soutien :)

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