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jeudi 18 octobre 2012

Grosse mobilisation à Athènes

Massive mobilization in Athens

À Athènes, les journées de grèves générales se suivent et ne se ressemblent pas. Heureusement d'ailleurs parce qu'il y a eu un mort aujourd'hui, sur la place du Parlement.

Déjà, en arrivant sur place, j'ai constaté que les choses étaient différentes de la journée du 26 septembre. Un signe qui ne trompe pas : le Mac Donald est fermé, idem pour le Costa Coffee. Dans les rues, ce ne sont pas des cortèges épars qui se succèdent, mais une véritable marée humaine qui converge sur la place du Parlement.

Il est environ 13 heures. Il y a des jeunes, des vieux, des hommes et des femmes. Les métros fonctionnaient sur la ligne verte, et seule la station Syntagma (la place du Parlement) était fermée.




Une des rues qui longe le parlement est barrée, ce qui est d'autant plus surprenant qu'un simple détour permet de passer des deux côtés de la grille mise en place. Il n'empêche, contre ce mur érigé par les CRS locaux (les MAT) on voit des drapeaux espagnols, portugais, et même un drapeau noir.


Une fois sur la place, je me dirige vers la zone propice aux démonstrations de force, sous les hôtels qui abritent les journalistes. Là, la tension est palpable. D'en bas (où je me trouve) quelques projectiles fusent, des bouteilles d'eau ou des petits cailloux. Au-dessus, je distingue deux trainées de flammes provenant de cocktails Molotov.


Rapidement, la situation devient tellement confuse que des hommes sautent de la rue pour passer en contrebas.



Quelques secondes plus tard, on entend une détonation.
En continuant de prendre des photos, je réalise très vite que presque tout le monde s'est éloigné.



Dès ma première inspiration, je comprends l'origine de ce phénomène, nous venons de nous faire gazer.
Comme les gaz lacrymogènes sont totalement invisibles, je pars dans la direction opposée en me disant que sous la panique, quelqu'un pourrait s'enfoncer dans la zone irrespirable sans le savoir. J'ignorais à ce moment la tournure dramatique que prendraient les événements.

De loin, je continue de prendre des photos sur lesquelles je constaterai que les personnes équipées de masque à gaz disposent aussi de téléobjectifs.


Plus tard dans l'après-midi, ce ne sont plus que de petits groupes qui gravitent sur la place Syntagma.


Quelque part, je repère une zone où l'on parle fort. Je m'approche et constate qu'un groupe de policier est harangué par des badauds. Là, un homme m'explique qu'ils venaient d'apprendre qu'un homme était mort à cause des gaz lacrymogènes, mais qu'ils n'en étaient pas encore sûrs. Il me dit aussi que les gens ont raison de manifester, parce que la situation est devenue intenable. Pour illustrer ses dires, il donne l'exemple de ses enfants qui sont à l'école et qui ont des amis de leur âge qui leur demandent de partager leur déjeuner parce qu'il n'y a plus rien à manger chez eux. Il ajoute que 31 milliards vont encore être donnés à la Grèce, et que ce sont les banques qui récupéreront l'argent.

Du côté de la police, les choses bougent aussi. Au bout de quelques minutes, le chef du groupement vient demander à ses hommes de reculer. Les gens applaudissent, mais ce répit est de courte durée. Très vite, les policiers s'alignent et font reculer tout le monde.





S'ensuivra un jeu bizarre, où les manifestants vont reculer devant les policiers qui utiliseront à nouveau des gaz lacrymogènes lorsque les choses n'iront pas assez vite.





En rentrant chez moi, j'apprends que l'information est vérifiée ; un homme de soixante-six ans est mort à la suite du gazage des manifestants. Il ne faisait rien d'autre que de manifester contre un système injuste.


Massive mobilization in Athens


In Athens, the days of general strikes that follow each other are not alike. A man died today on Parliament Square.

Immediately, when I got there, I noticed things were different from September the 26th. A sign that does not deceive: Mac Donald and Costa Coffee were closed. In the streets, they are not scattered processions which follow, but a human wave converging on Parliament Square.

It is around 1 pm. There are young and old people, men and women. The subways are working on the Green Line, and only Syntagma station (Parliament Square) is closed.





One of the streets along the parliament is closed, and this  is even more surprising as a detour permits to switch on both sides of the grid implemented. Nevertheless, around this wall erected by the local policemen (the MAT) we see Spanish and Portuguese flags, and even a black one.


Once I'm on the square, I go to the area where demonstrations of force are usual, in front of the hotels where the journalists stay. Here, the tension is present. From the bottom (where I am) a few shots fuse, water bottles or small pebbles. Above, I distinguish two streaks of flame from Molotov cocktails.


Quickly, the situation becomes so confused that some men jump from the street to join the square.



A few seconds later, a loud bang is heard.
Continuing to take pictures, I realized soon that almost everyone walked away.




From my first inspiration, I understand the origin of this phenomenon, we just have been gassed.
Such as tear gas are completely invisible, I'm going in the opposite direction, thinking that in a panic, someone could sink in the fumigated area without knowing it. I did not know, at that time, that events would turn in a dramatic way.

Farer, I'm still taking pictures on which I will notice later than people equipped with gas masks also have big cameras.



Later in the afternoon, they are only small groups that are gravitating in Syntagma Square.


Somehow I notice an area where people speak loudly. I approach and find a group of policeman harangued by some civilians. There, a man explains me they had just learned that a man had died due to tear gas, but they were not sure yet. He also told me that people are right to protest, because the situation has turned impossible. To illustrate his point, he gives the example of his children, at school, who have friends from the same age and who ask them to share their lunch because there's nothing to eat at home. He added that 31 billion will still be given to Greece, and that the banks will take the money.

From the police side, things are moving too. After a few minutes, the leader of the group comes to ask his men to retreat. People applaud, but it's a short time break. Soon, the police line and make everyone go backward.





Then, a funny game results, where protesters will move in front of the police who use tear gas again when things are not going fast enough.





When I got home, I learned that the information was verified, a sixty-six-year-old man died because of the tear gas. He did nothing other than protesting against an unfair system.

2 commentaires:

  1. Bonjour,

    Merci pour votre version des faits.
    Je vous laisse à présent lire la version relayé par nos médias impartiales :
    http://www.20minutes.fr/monde/1024940-manifestations-grece-morts-trois-blesses-cinquantaine-arrestations

    ici, pas question de gazage, les fauteurs de trouble ne sont que des jeunes idiots qui ne comprennent rien. On sait que ce sont des jeunes même si ils ont des cagoules d'ailleurs.

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  2. Ce qui est frappant, quand on est sur place, c'est que ce sont des hommes d'une quarantaine d'années qui affrontent des policiers de vingt ans leurs cadets, et beaucoup moins l'inverse (même s'il y a aussi des jeunes dans les cortèges).
    Les clichés font mieux vendre que l'infirmation :(

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