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samedi 29 septembre 2012

Grève générale du 26 septembre 2012


Massive strike on September 26

Lorsqu'ils regardent les informations à la télévision, les Grecs sont convaincus que la presse en rajoute sur les événements qui frappent le pays en général et la capitale en particulier.
Je n'ai pas la prétention d'être partout, et pour rester le plus objectif possible, je vais vous raconter ma journée du 26 septembre à Athènes.

J'avais rendez-vous chez le dentiste à 10 heures, ce qui m'a obligé à me lever aux aurores parce que j'ignorais s'il y aurait des métros. Arrivé plus d'une heure en avance, parce qu'il y avait des métros, j'ai attendu dans un parc parce que je ne voulais rien consommer avant de me faire inspecter la bouche par mon dentiste. C'était d'autant plus dommage que tous les cafés étaient ouverts.

10 h 30 : je sors de chez mon dentiste. Comme il m'a prescrit des antibiotiques, je rentre dans la pharmacie la plus proche (ouverte) et je demande les médicaments qui me sont prescrits. À en croire la presse française, j'ai vraiment de la chance, parce que ces médicaments sont disponibles sur étagère.

En rentrant chez moi, je passe devant la place Syntagma, la place du Parlement. Là, j'y observe le passage de quelques cortèges.












Ensuite, je décide de rentrer chez moi, parce que bon, il faut bien travailler un peu.

En début de soirée, j'entends sur les radios françaises qu'Athènes est à feu et à sang (encore). Je décide donc de retourner sur la place Syntagma pour voir ce qu'il en est exactement. Je prends mon appareil photo et je fais le trajet à pied afin de ne rien rater de ce qu'il pourrait y avoir à observer en chemin.
Comme je croise beaucoup de familles, de touristes et de couples avec des poussettes, je me dis que ce n'est pas si dangereux de se promener dans les rues d'Athènes aujourd'hui.

Arrivé sur la place du Parlement, je constate en effet que les gaz lacrymogènes sont encore à l'oeuvre. Plusieurs heures après qu'ils aient été lancés, certaines zones sont encore totalement irrespirables.



Au passage, je prends des photos des façades des hôtels où résident les journalistes (et DSK, lorsqu'il passe dans la capitale) et d'où ont été filmées les scènes d'émeutes. Sur certaines vidéos publiées dans les médias, vous pouvez d'ailleurs voir les drapeaux du Athens Plaza qui flottent en bas de l'écran.


Puis, je passe devant le parlement pour prendre une photo de la petite barrière qui en protège l'accès (à la radio, ils parlaient d'un mur de trois mètres de haut), et je termine mon périple par cette petite tente brûlée au milieu de la place Syntagma. Avec quelques traces de cocktails Molotov sur le sol, c'est la seule trace visuelle des "émeutes" de l'après-midi. Certaines personnes passent devant et s'en émeuvent d'ailleurs.




Au final, je dirais que la journée a été assez calme, et je me pose quelques questions.

En février — mars, les casseurs ne se contentaient pas de parader sous les fenêtres des journalistes. Athènes regorge de petites rues dans lesquelles les policiers auraient du mal à maîtriser la situation. J'ignore si ce mercredi 26, nous avons assisté à une manœuvre médiatique, policière (permettant de justifier l'emploi de gaz lacrymogènes pour "nettoyer" la place) ou s'il s'agissait de véritables éléments perturbateurs ; ils auraient alors radicalement changé de méthodes...



Massive strike on September 26

While watching the news on television, the Greeks are convinced that the press adds a little more about events that hit the country generally and the capital town particularly.
I do not pretend to be everywhere, and to remain as objective as possible, I'll tell you about my day, the 26th of September, in Athens.

I had an appointment with the dentist at 10 am, which meant I had to get up at dawn because I did not know if the metro would work. Arrived over an hour early, because the metro worked, I waited in a park because I did not want to eat before going to have my mouth inspected by my dentist. It was a pity as all the cafes were open.

10:30: I'm leaving the dentist. As he prescribed me antibiotics, I enter the nearest pharmacy, who is open, and I ask the drugs I had been prescribed. Believing the French press, I'm really lucky, because these drugs are available off the shelf.

On my way home, I pass Syntagma Square, also known as Parliament Square. There, I can observe the passage of some processions.












Then I decided to go home because, well, I must work a little.

In the early evening, I heard on French radio that Athens is burning (again). I decide to return to Syntagma Square to see what it is exactly. I take my camera and I walk, so I won't miss any of what could be to observed on the way.
As I see a lot of families, tourists and couples with strollers, I realise it is not so dangerous to walk in the streets of Athens today.

Arrived on Parliament Square, I see indeed that the tear gas are still at work. Several hours after they were launched, some areas are still completely impossible to breath in.



Incidentally, I take pictures of the facades of the hotels where journalists stay (and DSK, while he visits the capital) and where riot scenes were filmed. On some published videos in the media, you can also see the flags of the Athens Plaza floating in the bottom of the screen.


Then I pass the parliament to take a picture of the small barrier that protects access (on radio, they were talking about a three-meter high wall), and I finish my journey near this small burned tent on the middle of Syntagma Square. With traces of Molotov cocktails on the ground, this is the only visual proof of the "riots" in the afternoon. Some people pass and are very touched, by the way.




In the end, I'd say the day was pretty quiet, and I have a few questions.

In February-March, the rioters were not just parading under the windows of journalists. Athens is full of small streets where the police would find it difficult to control the situation. I do not know if on Wednesday the 26, we saw a media maneuver, or a police one (to justify the use of tear gas and "clean" the place) or if it was real rioters, then they would have radically changed their methods ...

6 commentaires:

  1. C'est pas l'opinion du site web Arret sur images : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=14512

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    1. Je sais, c'est pour cette raison que je raconte ma journée en évitant d'extrapoler (sauf dans la conclusion).

      La période qui suit cette "révolution" laisse tout de même penser que la situation est sous contrôle. Les émeutiers sont particulièrement disciplinés puisqu'ils ne se manifestent que pendant les jours de grève...

      Personnellement, j'en suis plutôt à me demander si la presse en a rajouté pour faire vendre ou pour manipuler l'opinion... ou les deux !

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  2. Ce que je trouve dommage, c'est qu'étant sur place, vous ne soyez pas carrement allé à la manifestation pour vérifier.
    Parce qu'évidemment, quand on arrive après la bagarre, c'est difficile de se rendre compte.
    Sachant que, si j'ai bien compris, le but même de votre présence à Athènes est d'apporter un regard objectif sur ce qui s'y passe, je trouve que c'est une occasion manquée.

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    1. C'est en effet une occasion manquée. J'étais sur place, mais pas au bon moment (avant et après, pour être précis). Croyez-moi, je le déplore.
      N'étant pas journaliste professionnel, je ne peux pas me permettre de passer mes journées avec les manifestants, d'autant plus que de nombreuses manifestations (presque toutes) se déroulent sans incident.

      J'espère tout de même apporter quelque chose aux lecteurs.

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  3. Merci pour l'article. Mais pourtant on a sur youtube quelques images "assez chaude" des évènements.
    Ne pensez vous pas que les médias essayeraient plutôt de minimiser ce qu'il se passe.

    Regardez : En Espagne ce sont près de 100 000 personnes qui étaient dans les rues le 25/26. Et au Portugal il y a eu de très importantes manifestations également.
    Ceci n'a (preque) pas été couvert par la presse française.

    Alors, peut etre que vous avez raison, on en rajoute en Grèce pour ne pas parler de l'Espagne et du Portugal.
    Mais il me semble que tout les évènements qui ont lieu actuellement en Europe, toutes ces émeutes font désordre, et qu'il est préférable pour le pouvoir politique Européen qu'on ne voit pas trop le résultat de la politique européenne.

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    1. En Grèce, je ne pense pas que les médias minimisent les événements.
      D'ailleurs, tous les Grecs avec qui j'ai discuté disent que les médias (nationaux et internationaux) en rajoutent.
      Mais ce qui m'intrigue le plus, sur Athènes, c'est que contrairement aux événements du début de l'année, les actions violentes se limitent désormais aux jours de protestations, et n'ont lieu que sous les fenêtres des journalistes...
      "Fatigue" des casseurs ou manipulation ? J'ignore encore quelle en est la raison.

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