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lundi 27 août 2012

C'est de la corruption ? Non, c'est la fin de la démocratie !


Is it corruption? No, it's just the end of the democracy!

De retour à Athènes, je constate que rien n'a changé depuis mon départ. Et le pire, c'est que je pense bien que cela va continuer.



Pendant que les dirigeants européens prenaient des postures et s'occupaient de leur politique intérieure, les Grecs ont survécu. Entre menaces et encouragements, leur marge de manœuvre est désormais limitée, voire inexistante.

Les partisans de la rigueur dogmatique et mortifère maintiennent la pression sur la Grèce, mais là encore, c'est une posture.
Ils disent qu'ils ne prêteront plus d'argent, mais qu'adviendrait-il s'ils portaient leurs menaces à exécution ? La Grèce ne sera exclue de l'euro que si elle en fait la demande, ce qui n'est pas encore à l'ordre du jour.
Si le pays ne reçoit plus d'aide, il fera seulement plus de déficits (la Grèce n'a pas signé de "règle d'or", les fonctionnaires ne sont pas payés en liquide, et au pire, si les petites banques se retrouvaient à court de liquidités, elles seraient rachetées par les plus grosses), les taux d'intérêt grimperont en flèche, et le déficit se creusera jusqu'à des profondeurs abyssales.

La seule chose qu'on attend du pays actuellement, c'est que ses déficits se réduisent, et la raison pour laquelle la marge de manoeuvre des politiciens est presque nulle, c'est parce que les déficits dépendent en grande partie des taux d'intérêt fixés par les marchés.

Nous sommes donc engagés dans un processus auto-réalisateur, et qui oblige les dirigeants à devancer les attentes des marchés, pour les accommoder avec celles de leurs électeurs afin d'éviter les sanctions. Cela ne serait d'ailleurs pas si grave s'il n'y avait pas cette règle qui veuille que les marchés recherchent toujours le profit maximum.

Ainsi, quand les financiers jugeront avantageux que la Grèce quitte la zone euro, les technocrates qu'ils ont placés à la tête du pays demanderont eux-mêmes à partir. En attendant, les politiciens continueront de faire croire que la situation est maîtrisée, et accessoirement, ils exploiteront chaque rebondissement de ce triste feuilleton pour tenter d'accroître leur popularité.

Ne nous y trompons pas, ce n'est pas le gout du pouvoir qui motive leur démarche — cela fait au moins vingt ans qu'ils ne commandent plus que les quelques fonctionnaires qui leur ont fait allégeance. Ce qui les pousse à agir de la sorte, ce sont les privilèges qui leur sont octroyés lorsqu'ils occupent des places dites à responsabilités. C'est d'ailleurs parce que le monde de la finance est devenu le premier à distribuer ces privilèges qu'il devient de plus en plus difficile de voir pour qui nos dirigeants travaillent.

Et à part ça ? allez-vous me demander. La vie en Grèce, ça se passe comment ?
Je dois dire que sur ce point non plus, les choses n'ont pas changé. J'ai passé une heure à la banque pour demander qu'on débloque la gestion de mon compte en ligne afin de me permettre d'effectuer des transferts pour payer mon loyer ; ils ont fini par me donner un numéro de téléphone que je devrai contacter quand je serai connecté. Comme je n'ai encore ni Internet, ni le téléphone, à la maison, cela risque d'être un peu compliqué.




Sinon, comme dans beaucoup de pays où les infrastructures sont souvent défaillantes et où la lourdeur de l'administration a engendré une culture de la débrouillardise et du travail non déclaré, beaucoup de gens se servent du Starbucks comme d'un bureau d'appoint.



Is it corruption? No, it's just the end of the democracy!

Back to Athens, I see that nothing has changed since I left. And the worst thing is that I think although it will continue.




While European leaders were taking postures and made domestic policy, the Greeks survived. Between threats and encouragement, room for manoeuvre is now limited or nonexistent.


Supporters of dogmatic and deadly rigor keep Greece under pressure, but again, this is a posture.
They say they will pay no more money, but what would happen if they carried out their threats? Greece would be excluded from the euro if the country requests it, and this is not on the agenda yet.
If the country does not receive help, it will only make more deficits (Greece has not signed any "golden rule", public servants are not paid in cash, and at worst, if small banks turn short of cash, they would be bought by largest), interest rates will soar, and the deficit will reach abyssal depths.


The only thing expected from the country now is that its deficits are reduced, and the reason for the room of manoeuvre of politicians is near zero, is because the deficits depend largely on the rate of interest set by the markets.

We are therefore engaged in a self-fulfilling process, which requires leaders to outpace market expectations, and to accommodate them with those of their citizens in order to avoid sanctions. This would not be so bad if there was not this rule that wants that markets are always looking for the maximum profit.

Thus, when the financial world will think it's advantageous Greece leaves the eurozone, the technocrats they placed at the head of the country will ask themselves the exit. Meanwhile, politicians continue to pretend the situation is under control, and incidentally, they exploit each bounce of this sad drama in order to try to increase their popularity.


But we have to be clear, this is not the greed for power that motivates their approach - they haven't control more than a few officials who put their allegiance for twenty years at least. It's privileges they are granted when they are in so-called responsibility places that drive them to act as they do. This is also because the financial world has become the first to distribute these privileges that it turned increasingly difficult to see who our leaders work for.

And apart from that? will you ask me. Greek life, how does it happen?
I have to say on this point either, things have not changed. I spent an hour in the bank for them to unlock my account management online so I can order transfers to pay my rent, they ended up by giving me a phone number I will have to contact when I'm connected. As I have not Internet nor phone at home, it might be a bit complicated.



Otherwise, as in many countries where infrastructure are often deficient and where complicated administration has created a culture of resourcefulness and undeclared work, many people use Starbucks as an auxiliary office.

11 commentaires:

  1. Si je puis me permettre, vous dites : "c'est parce que les déficits dépendent en grande partie des taux d'intérêt fixés par les marchés".

    A mon sens, c'est faux.
    La Grêce ne se refinance plus sur les marchés depuis plusieurs années (vu les taux pratiqués, elle ne tiendrait pas trois semaines si elle le faisait). Je néglige, volontairement, les quelques billets de trésorerie émis, qui sont sur de très courtes échéances, dont les taux restent somme toute raisonnables et qui ne sont pas significatifs au regard de la dette du pays.

    Le financement de la Grêce est intégralement assuré par les prêts accordés par l'union européenne et le FMI, dont les taux ne dépendent pas des "marchés".

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  2. Bien sûr, vous pouvez vous permettre :)

    Une partie de la dette grecque a en effet été rachetée, je vais tenter de chercher quelle est la partie encore détenue par les marchés.
    Je ferai le point dès que j'aurai une idée plus précise des proportions.

    Quoi qu'il en soit, je continue de me demander, si plus personne ne prêtait de l'argent à la Grèce, ce qui l'empêcherait de creuser son déficit...
    Que se passerait-il, concrètement, si demain, la Grèce annonçait qu'elle avait multiplié son déficit par 5 ou par 6 ?
    http://www.juristudiant.com/forum/limites-au-deficit-budgetaire-et-a-l-endettement-de-l-etat-t1481.html

    Merci pour cette intervention.

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  3. Puisque je peux me permettre, j'en abuse :

    Ne vous embêtez pas à chercher quelle part de la dette est encore détenue par "les marchés".
    Cette proportion n'aurait de toute façon aucune importance : le taux d'intérêt de la dette est celui qui prévalait au moment de l'émission de la dette, pas celui d'aujourd'hui. Il ne varie pas dans le temps.
    La dette est émise à taux fixe, pas à taux variable, exprimé autrement.
    Donc les charges d'intérêt de la dette, et donc le déficit, ne varient pas en fonction de la hausse des taux du marché, puisque la Grèce n'a pas recours au marché pour se financer sur ses nouvelles émissions.

    Pour illustrer : imaginons qu'une partie dette ait été émise à 5% de taux d'intérêt en 2006. Aujourd'hui, les taux sont à 35%. La Grèce continue à payer 5% sur sa dette de 2006. Si elle veut à nouveau s'endetter, là ce sera à 35% (mais elle emprunte directement auprès de l'UE, et pas à 35%).

    Le déficit ne dépend donc pas des marchés, mais bien de la Grèce. Il serait trop facile de se défausser sur l'action délétère de prétendues forces de la finance mondialisée, alors que celles-ci n'ont aucun impact sur la situation budgétaire grecque.

    S'agissant du déficit, la Grèce n'a pas de contrôle sur la création monétaire, n'ayant aucune autorité sur la BCE et ne disposant pas d'une banque centrale ayant ce pouvoir.

    Comme elle ne peut créer d'argent, elle doit l'emprunter. Si personne ne lui prête, elle ne peut payer. Donc, si son déficit file et que ses partenaires européens refusent de la financer, elle se retrouvera en cessation de paiement et ne pourra payer ses fonctionnaires, entretenir ses infrastructures... sauf si elle sort de l'euro, puisqu'elle pourra à ce moment créer de la monnaie.
    Mais je vous laisse imaginer alors la valeur du drachme et le renchérissement du prix des produits importés, au premier rang desquels : l'essence (dont le prix serait multiplié par trois ou quatre, au bas mot).

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  4. Attention, même s'il est à taux fixe, le taux d'intérêt concédé par les marchés a un impact sur la situation budgétaire grecque puisque le pays doit continuer d'emprunter sur ces mêmes marchés (on parlait de 3 milliards à un peu plus de 4 % il y a quelques jours).

    Et je continue de me demander ce qui empêcherait la Grèce de creuser son déficit (à part les leçons de morale de ses voisins) si le pays le souhaitait... Il n'y a pas encore de close pour expulser les pays qui font partie de la zone euro, même lorsqu'ils ne respectent pas les règles du jeu.
    Quant à la sortie par la drachme et par l'inflation, cela risquerait en effet d'être dramatique, les Grecs ayant déjà beaucoup de mal à payer le carburant qu'ils mettent dans leur voiture, quand ils ne l'ont pas revendue.

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  5. Sur le point des taux d’intérêts :

    Je vais citer mon premier message : « Je néglige, volontairement, les quelques billets de trésorerie émis, qui sont sur de très courtes échéances, dont les taux restent somme toute raisonnables et qui ne sont pas significatifs au regard de la dette du pays. »

    Ces emprunts à 4% que vous évoquez sont ces fameux billets de trésorerie. 4% sur 3 milliards à 3 mois, cela représente 30 millions d’euros.
    Pour un pays dont la dette est de l’ordre de 300 milliards d’euros et dont le déficit se compte également en milliards, le coût de ses programmes d’émission est une goutte d’eau, il est totalement négligeable (0.01% de la dette pour ce programme particulier, et il n’y en a pas eu des dizaines cette année).
    Il est donc faux, à mon sens, de dire que « la raison pour laquelle la marge de manœuvre des politiciens est presque nulle, c'est parce que les déficits dépendent en grande partie des taux d'intérêt fixés par les marchés. »

    Les marchés ont un impact très faible sur le déficit de la Grèce.

    Si la Grèce a un déficit, c’est parce qu’elle a un problème structurel d’équilibre des finances publiques, pour des raisons multiples (bureaucratie inefficace, clientélisme, corruption importante, état archaïque et monnaie inadaptée à son économie).
    Les premiers responsables de cette situation sont les hommes politiques grecs (et de facto, ceux qui les ont élu).

    Sur le point du déficit :

    Pour qu’un pays puisse avoir un déficit, il faut nécessairement qu’on lui prête de l’argent. L’argent ne se décrète pas en claquant des doigts et ne s’invente pas.
    Seules les banques centrales peuvent créer de la masse monétaire (en achetant de la dette d’état).
    La Grèce n’a plus de banque centrale en tant que telle (la banque centrale grecque ne peut créer de la monnaie, ayant abandonné ce pouvoir à la BCE).

    Dans un pays « normal » (avec une banque centrale), le déficit peut théoriquement être infini, puisque la banque centrale peut acheter indéfiniment la dette du pays (en créant de la monnaie). Sauf qu’à chaque fois que la banque centrale crée de la monnaie, la valeur de celle-ci baisse, entrainant une dévaluation (la valeur de la totalité de la masse monétaire reflète l’état de l’économie du pays).

    Dans le cas de la Grèce, si la BCE refuse de financer son déficit en souscrivant à ses émissions de dette, elle se retrouve en défaut de paiement.
    Elle ne peut créer de monnaie, ni physique (billets, pièces), ni virtuelle (virements sur comptes bancaires).
    Pour faire un parallèle, payer alors qu’elle n’a plus d’argent reviendrait à créer de la fausse monnaie. C’est exactement comme imprimer de faux billets. Ceci l’exclurait immédiatement et de facto de la zone Euro, mais également de l’Union Européenne (dans un chaos total et absolu).
    Mieux vaudrait pour elle, si elle ne peut résorber son déficit, sortir volontairement de la zone Euro, de manière ordonnée et réfléchie.

    C’est le choix qui lui est offert actuellement : payer ou sortir de la zone Euro.

    Et bien que rien ne l’oblige à sortir, vous voyez bien qu’au final, elle n’a d’autres alternatives que les deux que je viens de citer.
    Dont aucune n’est réjouissante, pour des raisons évidentes.

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  6. Comment êtes-vous sûr que les marchés n'accepteront pas de prêter à la Grèce à des taux faramineux ?
    Une autre option serait donc de refuser de payer et de continuer d'emprunter (éventuellement, le moins possible, mais ce n'est même pas obligé...)
    Cette option pourrait d'ailleurs être retenue par le bloc européen, et pas seulement par la Grèce. Je vais me pencher sur le cas de l'Islande pour étayer cette théorie.

    Une autre possibilité serait aussi de garder l'euro et de créer une monnaie nationale parallèle.

    Ces deux options pourraient d'ailleurs se combiner (ne pas payer la dette, mais payer les fonctionnaires avec cette nouvelle monnaie, puisqu'il n'y aurait peut-être plus d'euros).

    Bref, j'ai toujours dans l'idée que quand les médias prétendent qu'on n'a le choix qu'entre deux solutions, c'est parce qu'ils veulent nous convaincre qu'il n'y en a pas d'autres.

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  7. Les marchés refuseront de preter, parce qu'ils auront la certitude de ne pas être remboursés.
    Quand vous êtes certain de perdre, vous ne prettez pas, quel que soit le taux.
    Dans le cas contraire, aucune entreprise ne ferait jamais faillite , puisque elle pourrait emprunter indéfiniment, à des taux exponentiels.
    Vous voyez bien que c'est absurde.

    Je vous déconseille de faire un parallèle avec l'Islande, les situations sont incomparables, ne serait ce que par la taille des pays concernés.
    Si l'Union Européenne faisait ce qu'à fait l'Islande, le chaos généré serait indescriptible, au niveau mondial.

    Je ne comprends pas votre solution de deux monnaies parallèles : dans ce cas, les recettes seraient libellées en monnaie locale (les impôts), donc quel intérêt à conserver par ailleurs l'Euro ? Celà revient, à mon sens, au même que de revenir à la drachme.

    Avant de brandir la théorie du complot vis-à-vis des médias, je vous conseille de bien étudier le sujet et de trouver une solution alternative viable et crédible d'un point de vue économique.
    Et ce, de manière documentée, étayée et incontestable.

    En ce qui me concerne, je ne vois pas d'échappatoire pour la Grèce hormis la Drachme ou des réformes profondes de son mode de fonctionnement.

    Et, entre nous, je ne suis pas certain que le fait de refuser de payer sa dette et de sortir de la zone euro soit la pire solution pour le pays.

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  8. Comme toujours quand on parle avec des techniciens sûrs d'eux, on se retrouve face à des :
    "vous voyez bien que c'est absurde" — alors qu'il y a quelques jours, la Grèce parvenait à emprunter plus de trois milliards.
    "le chaos généré serait indescriptible" — c'est vous qui le dites, et rien ne dit que ce ne serait pas, de toute façon, ce qui peut arriver de mieux.
    "je ne comprends pas..." — l'euro pour l'import-export, la drachme pour l'interne, cette méthode fonctionne d'ailleurs très bien dans certains cantons de Suisse.
    "Avant de brandir la théorie du complot" — qui vous parle de théorie du complot ? C’est peut-être aussi par manque d'imagination ou par souci de simplifier au maximum que les médias oublient certaines options.

    Je me vois donc obligé de préciser que les commentaires sont libres (j'y tiens), mais que ceux qui ne font que de la rhétorique seront passés à la trappe. Ce blog ne servira pas à véhiculer des messages simplistes.
    Quand on n'est pas d'accord, on explique pourquoi, ou on ouvre un autre blog.

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  9. LA REALITE .... DE LA GRECE EN VIDEO
    http://youtu.be/rxUBr5_tczU

    http://youtu.be/b7XHnFT56R8

    http://youtu.be/aGTE-tbVzf0

    http://youtu.be/FWqgx-VAY2s

    http://youtu.be/todRLzjudp8

    http://youtu.be/VHxKhWp1wbs


    Polices et des racistes tabassent un étrangers

    This video of the brutal beating of an immigrant by the Police has not been recorded in Iran, Syria or Egypt. This has been recorded in the modern Greek (self-proclaimed) Democracy. We seem to be living in a dictatorship where politicians and the police are above the law.


    http://youtu.be/RG4Cf1T8bR4

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  10. Ca devient chaud les debats chez toi!
    toujours est il que je ne suis pas d'accord avec toi car au contraire les choses changes, plus rapidement que l'on ne se l'imagine, les grecs ont une forte capacite d'adaptation. Pour l'internet appelles moi! la ca me fait pitie, c'est tres facile et en general 2 ou 3 jours suffisent.
    bien a toi.

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    1. Ça a pris plus longtemps, mais maintenant c'est OK.
      Le plus dur ça a été d'avoir un AFM...

      Ici, je suis de moins en moins sûr que les choses changent, mais je ne demande qu'à être convaincu du contraire.

      À plus

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