Restez informé par e-mail

mardi 21 août 2012

Ces faits divers qui se transforment à la frontière


These stories who change at the border

Sur Hydra, un contrôle fiscal tourne à l'émeute.
Et si les fraudeurs fiscaux faisaient leur révolution ?



Les titres pourraient prêter à rire, mais comme on parle d'un pays de plusieurs millions d'habitants que l'on s'apprête à condamner à la misère, il faut rester sérieux.

La presse européenne s'est emparée de l'événement et ses articles sont clairs :
Un commerçant qui ne voulait pas donner de factures à ses clients (pour ne pas avoir à payer les taxes) c'est fait arrêté, et les habitants de l'île ont pris d'assaut le commissariat pour le faire libérer. L'arrivée des CRS (les MAT, comme on les appelle ici) a permis de garder la situation sous contrôle et de faire en sorte que la justice triomphe.

Or, qu'apprend-on quand on lit la presse grecque ?
Le restaurateur aurait fait un malaise lorsqu'il a été arrêté, ce qui interdisait son transfer et aurait obligé les policiers à ne le transférer à Athènes que le lendemain. Il restait pour la nuit à l'hôpital, mais sa chambre était gardée.
Les policiers auraient alors décidé d'embarquer les fils de vingt-cinq ans du patron de ce café, qui travaillait sur place (eh oui, les Grecs travaillent). Ils lui auraient passé les menottes, ce qui aurait provoqué la colère des habitants. Voir ce jeune homme, qu'ils savaient innocent parce que non responsable de l'établissement de son père, humilié de la sorte aurait déclenché cette vague de violence sur la petite île dont la réputation de rebelle n'est visiblement pas usurpée.

Retranchés dans le commissariat, les contrôleurs fiscaux ont dû demander de l'aide aux troupes de maintien de l'ordre de la capitale et ont terminé leur travail escortés de policiers.

Cet événement, que les habitants d'Hydra qualifient volontier de non-événement, nous apprend plusieurs choses. D'abord, qu'en période de tension politique, chaque fait divers est récupéré par les leaders d'opinion pour illustrer leurs messages et renforcer leurs positions, mais ça, nous le savions déjà. La nouveauté, si j'ose dire, c'est que même en période de paix (mais en est-ce vraiment une ?) les informations recueillis sur les "étrangers" ne sont pas dénuées d'intérêt politique, et malgré internet, la barrière des langues fait que tout ce qui est écrit reste difficilement vérifiable.


Cela me fait penser que cette crise arrive trop tôt. Les Européens n'ont pas encore l'habitude de lire les informations sur les médias étrangers, même si ceux qui ont pris ce réflexe ont eu l'avantage de savoir avant tout le monde, et grâce à la presse britannique, que Jean Sarkozy briguait l'EPAD avant d'avoir obtenu sa license...
Dans quelques années, nous irons lire les titres des journaux outre Manche et outre Rhin pour tenter de savoir ce que l'on cherche à nous cacher à l'intérieur de nos frontières. On ne pourra plus être surpris en apprenant qu'un nuage radioactif ne s'est pas arrêté à la frontière et qu'un brillant dauphin n'est en fait qu'un cancre.

Et en relisant la presse française, une autre idée me vient à l'esprit.
Un analyste politique, cité dans le Figaro, déclare : "les petits reprochent à l'État de ne pas attraper les gros poissons. Mais il faut bien commencer quelque part, sinon personne n'y arrivera."
Or, les citoyens ne sont ils pas en droit d'espérer que leurs dirigeants montrent l'exemple ? En France, députés et sénateurs protègent leurs privilèges comme des tigresses défendraient leurs petits. J'ose espérer qu'en france aussi, les citoyens se révolteront quand on leur expliquera que c'est à eux de faire des efforts en premier.




These stories who change at the border



On Hydra, a tax audit turned into a riot.
What if tax evaders did their revolution?




Titles could be laughable, but as we are talking about a country of several million people that is about to be condemned to poverty, we must be serious.

The European press has used the event and its articles are clear:
A seller who did not give invoices to its customers (supposedly to avoid paying taxes) has been arrested, and the inhabitants of the island stormed the police to release him. The arrival of the anti riot forces (MAT, as they are called here) helped. They could keep the situation under control and make that justice triumphs.


Now, what is written in the Greek press?
The owner of the restaurant would have fainted when he was caught, that prohibited the arrest and forced the police to do the transfer to Athens the next day. he remained for the night in the hospital, though his room was kept.
The police have decided to arrest the twenty-five-year old son of the owner of the cafe, who worked there (yes, some Greeks do). They allegedly handcuffed, which would have angered the island residents. Seeing this young man, which they knew innocent, as he was not responsible for the establishment of his father, being humiliated in this way would have triggered this wave of violence on the small island whom the rebel reputation is clearly not misused.


Entrenched in the police station, tax inspectors had to ask for help to maintain order troops from the capital and completed their work escorted by police.

From this event, which the inhabitants of Hydra gladly describe non-event, we learned many things. First, in times of political tension, each fact is recovered by various opinion leaders to illustrate their messages and strengthen their positions, but that we already knew. Novelty, can I say, is that even in times of peace (but is it really?) collected information about "foreigners" are not political interest free, and despite the internet, language barrier makes everything that is written not easy to be confirmed.

This makes me think that this crisis comes too soon. Europeans are not yet used to read about the foreign media, although those who get this reflex had the advantage of knowing before everyone, thanks to the British press, that Jean Sarkozy was running the EPAD before obtaining his license ...
In a few years we will read the headlines across the Channel and across the Rhine and try to know what some are trying to hide to us within our borders. We wouldn't not be surprised anymore when we learn a radioactive cloud has not stopped at the border and a brilliant dolphin is actually a dumb.

And by reading the French press again, another idea comes to my mind.
A political analyst, quoted in Le Figaro, said: "The small blame the state for not catching big fish. But we must start somewhere, otherwise nobody will make it."
However, are not citizens entitled to expect that their leaders lead by example? In France, MPs and senators protect their privileges as tigers defend their babies. I hope that in France too, the citizens will revolt when they're explained they're expected to make the first effort.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire