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jeudi 26 juillet 2012

Premiers congés, premier bilan


First holidays, first appraisal


Comme tous les Athéniens, je fais de mon mieux pour fuir la capitale pendant le mois d'août. Je vais donc passer quelques semaines sur Paris et sauter sur l'occasion pour revoir quelques amis.






Incapable de dormir dans l'avion, j'en profite pour faire le point sur cette expatriation.




D'abord, dans ses limites. Comme je m'y attendais, la barrière de la langue est difficile à franchir. Est-ce une idée que je me fais ou est-ce que partout dans le monde, les habitants qui ont appris le français sont toujours parmi les plus snobs ?
Quoi qu'il en soit, j'ai la ferme intention de suivre des cours de grec après mon retour. On m'a donné l'adresse d'une université qui semblait accepter les élèves qui ne sont pas dans un cursus scolaire classique. Ce sera une bonne occasion pour obtenir une qualification diplômante et pour rencontrer quelques dilettantes perdus dans la capitale athénienne.






Que dire ensuite sur ce pays dans lequel je tente de m'installer ?
À l'instar des paysages, les hommes, comme les institutions, y sont entiers. Ils ne transigent jamais, quitte parfois à friser la caricature.
La tragédie a été inventée dans ce pays et les Grecs aiment hausser le ton et taper du poing sur la table quand les choses ne se passent pas comme ils le souhaiteraient, ce qui est la règle et non l'exception.


À Athènes, vous pouvez arriver devant votre banque (Euro Bank, pour ne pas la nommer) une heure avant la fermeture programmée et trouver des portes closes. Quand cela m'est arrivé, deux employées, qui fumaient leur cigarette dehors, m'ont indiqué le chemin pour me rendre à une autre agence, parce que "la fermeture de celle-là est exceptionnelle". Vingt minutes plus tard, et quelques litres de sueur perdus à marcher dans la capitale, je me suis cassé le nez sur les portes d'une seconde agence, elle aussi "exceptionnellement fermée".
Le soir même, quand j'ai dit à un marchand de pitas que je comptais m'installer en Grèce, il m'a souhaité bonne chance en rigolant.


Parce qu'il faut bien avouer que sur le plan pratique, le bilan est assez mitigé.
J'ai réussi à trouver un logement et je dispose depuis peu d'un numéro fiscal (le fameux AFM) mais je n'ai toujours pas de carte de résidant et l'installation d'Internet est un rêve encore inaccessible.
[J'ai bien reçu un modem de Vodaphone, mais la première fois que le technicien est passé, il est reparti sans me laisser le temps de descendre, et la seconde, il m'a dit qu'il ne pouvait rien faire sans la présence du propriétaire de l'immeuble. En insistant, j'ai fini par lui faire dire qu'il avait besoin d'accéder à la cave, et je n'avais pas les clés.]


Malgré tout cela, je ne désespère pas. Après avoir vécu dans des contrées où le temps n'était qu'une variable secondaire de l'équation, je ne cherche pas à aller vite, mais juste à faire en sorte que les choses progressent un tout petit peu chaque fois que j'en ai l'occasion. Ce n'est pas très compétitif, mais cela me permet de passer de bons moments, et c'est pour ça que je suis bien en Grèce.




First holidays, first appraisal

Like all Athenians, I do my best to flee the capital during the month of August. I will spend some weeks in Paris and take this opportunity to meet some friends.


Unable to sleep in the plane, I took this opportunity to evaluate this expatriation.


First, I see its limits. As I expected, the language barrier is difficult to cross. Is this just an idea but I think wherever I am in the world, people who learn French are still among the snobs?
Anyway, I fully intend to take Greek lessons after my return. I was given the address of a university that seemed to accept students who are not in a traditional school curriculum. It will be a good opportunity to get a qualification diploma and to meet some dilettantes lost in the capital.


Then, what can I say about this country in which I'm trying to install?
Like the landscapes, people and institutions are integers. They never traded and sometimes that make them looking like caricatures.
The tragedy was invented in this country and the Greeks like to raise the voice and bang the fist on the table when things do not go as they wish, which is the rule not the exception.

In Athens, you can arrive at your bank (Euro Bank, to name it) one hour before the planned closure and find the doors closed. When this happened to me, two employees, who smoked a cigarette outside, told me the way to go to another agency, because "the closing of this one is exceptional." Twenty minutes later, and several liters of sweat lost to walk in the town, I broke my nose on the door to a second agency, also "exceptionally close".
The same evening, when I said a pitas seller that I intended to settle in Greece, he wished me good luck with a chuckle.

Because it must be admitted that practically, the results are somewhat mixed.
I managed to find an accommodation and I recently got a tax number (the famous AFM) but I still have no resident card and installing Internet is still an inaccessible dream.
[I received a modem from Vodafone, but the first time that the technician passed, he left without giving me time to get off, and the second he told me he could do nothing without the presence of the owner of the building. By insisting, I finally made him tell he needed access to the cellar, and I did not have the keys.]

Despite all this, I do not despair. After living in countries where time was a secondary variable in the equation, I'm not trying to go fast, but just to make things progress a little each time I have the opportunity. it is not very competitive, but it allows me to spend quality time, and that's why I am in Greece.

4 commentaires:

  1. Je découvre avec plaisir votre blog très intéressant... avec de l'apréhension également car je m'apprète à suivre le même chemin que vous en septembre pour m'installer à Athènes...
    Merci en tout cas pour les infos sur l'AFM.

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  2. Bonjour,
    J'espère que les informations sur l'AFM seront encore d'actualité en septembre.
    N'hésitez pas à me contacter quand vous serez sur place.

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  3. Bonjour,

    merci pour ces commentaires, qui rappellent ma propre expérience. Et quand vous aurez un job, on verra si votre employeur vous laissera le choix de la banque, ou s'il vous imposera l'agence de son cousin (plus chère, mais la seule où votre salaire pourra vous être payé...)

    Point plus négatif à mon avis : vous ne liez pas votre expérience personnelle à votre analyse de la situation. Vous découvrez tout ce qui ne fonctionne pas (imaginez une entreprise qui s'installe !) et vous rendez responsable les financiers, technocrates etc... Portant, imaginez une entreprise qui veut s'installer et travailler efficacement ?

    Bon courage pour la suite !

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  4. Merci :)

    En effet, je préfère prendre un peu plus de temps avant de pointer du doigt les responsables de la situation actuelle (3 mois pour obtenir un numéro fiscal, 5 mois pour ouvrir un compte en banque, toujours pas connecté au net après plus de 6 mois...) et je compatis avec les entreprises qui chercheraient à s'installer.

    Pour ce qui est des "critiques" mêmes constructives, je veux être assez sûr de moi avant de me lancer, mais ça vient.

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