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mercredi 4 juillet 2012

Comment on devient métèque à Athènes (3)



How one becomes Metic in Athens (3)


Après quelques désagréments, j’ai repris mon combat pour obtenir un numéro fiscal en Grèce. Je rappelle, pour mémoire, que sans ce numéro, on ne peut pas acheter de véhicule, on ne peut pas déclarer de revenus, on ne peut même pas s’abonner à Internet.



Ce billet a donc pour but d’aider des personnes qui se retrouveraient dans la même situation que moi.

J’ai travaillé dur depuis la dernière fois.

J’ai trouvé un appartement dont le propriétaire acceptait de signer un contrat notarié (chose extrêmement rare).




J’ai réussi à obtenir un carnet de santé.



Pour l’obtenir, il faut amener les documents E121 que vous aura donnés votre caisse de sécurité sociale au bureau ‘IKA’ le plus proche, et se munir d’un justificatif de domicile. La liste de ces bureaux se trouve sur le site suivant où ils sont classés par ordre alphabétique. Bon courage pour trouver celui dont dépend votre domicile.

Je suis donc retourné au poste de police du 24 Petrou Ralli très tôt le matin pour tenter ma chance à nouveau.

Arrivé un peu avant six heures du matin, je m’attendais à trouver un endroit désert, c’était une erreur. Devant les grilles, une trentaine de « blancs » attendaient. Plus loin, une petite centaine d’Africains et d’Asiatiques faisaient de même. Pour essayer de comprendre ce qui se passait, je me suis adressé au garde qui m’a dit :
– Faites la queue avec les Européens. Ils sont devant.
Et j’ai fait la queue, même si la file ne ressemblait pas à grand-chose.
Très rapidement, les choses sont devenues extrêmement chaotiques. Un homme à côté de moi, âgé d’une petite cinquantaine d’années, rappelait à l’ordre ceux qui s’installaient devant lui. Après plus de trois quarts d’heure d’attente, il y avait du monde partout et personne ne savait plus vraiment qui était arrivé avant qui. L’homme continuait de vociférer contre ceux qui resquillaient trop ostensiblement. Ça ne servait plus à rien.
À sept heures, les grilles se sont ouvertes et nous sommes entrés un par un en présentant nos papiers. L’homme qui avait passé une heure à tenter de discipliner la foule n’a pas réussi à s’imposer. Il est resté derrière.

Une fois dans la cour, nous avons fait une file et il a été plus facile d’avancer sans que cela ne tourne à l’émeute.

À sept heures vingt, nous étions tous dans une salle où nous remplissions un formulaire numéroté, assis sur des chaises numérotées elles aussi. Quelques personnes ont fait comprendre qu’elles voulaient rester sur la chaise qui portait le même numéro que leur formulaire, les autres s’en fichaient.
Deux guichets étaient ouverts, j’avais le numéro vingt-trois.

Après avoir lutté âprement pour en arriver là, je me relaxais un peu. Au bout de quelques minutes, l’un des fonctionnaires est passé devant les guichets pour intimer à tout le monde de s’asseoir. Ça dure plusieurs minutes, mais à la fin, tout le monde est convaincu.

Il repasse régulièrement devant son guichet pour engueuler des gens. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait pour mériter un tel traitement, mais peut-être est-ce seulement un moyen pour ce fonctionnaire de faire une pause de temps en temps.

À huit heures vingt, je passe enfin.

L’Europe des riches et des esclaves.

Comme j’ai appris à dire « désolé, je ne parle pas grec », les choses se passent plutôt bien, jusqu’au moment où nous parlons argent.
Les justificatifs de revenus en français ne sont pas acceptés – ça, je m’y attendais – mais le plus grave est qu’il n’est pas possible de les faire traduire et certifier quelque part.
Pour devenir un habitant d’Athènes, il faut un employeur sur place, ou un compte en banque grec sur lequel sera déposé quatre mille euros. Les revenus provenant de l’étranger ne sont pas pris en compte. Pour moi qui suis en train de faire des efforts afin de payer des impôts en Grèce sur mes revenus étrangers (mes revenus français seront taxés en France) j’ai l’impression qu’on me force à resquiller.

Quand j’explique que les banques, pour ouvrir un compte, demandent justement un numéro AFM, l’homme en face de moi sourit presque. Puis, il sort un papier dont il déchire un morceau et entoure un passage avant de me dire :
– Allez à cette adresse, ils vous donneront un numéro AFM pour que vous puissiez ouvrir un compte en banque.



J’ai envie de pleurer, mais je cache mon émotion.

Une fois rentré chez moi, je constate que l’adresse que l’homme m’a donnée est située dans le quartier anarchiste d’Athènes.



Quelques recherches sur Internet me permettent de constater que ce centre est originellement fait pour les Grecs qui résident à l’étranger.



Pour aujourd’hui, j’ai eu ma dose d’administration, mais je compte bien m’y rendre demain.


How ones become Metic in Athens

After a few annoyances, I get back to my struggle to get a Greek tax number. You have to remember that without this number, you can not buy a vehicle, you can not declare incomes, we can not even get an Internet connexion at home.



This note is made to help people who would be in the same situation.

I have worked hard since the last time.

I found an apartment whose the owner agreed to sign a notarized contract (which is extremely rare).


I managed to get a health card (which is actually a notebook).



To get it, you should bring the documents E121 your social security office has given to you to the nearest IKA office and carry a proof of address. The list of these offices is located at the following site where they are sorted alphabetically. As it depends of your location, good luck finding the one in charge of you.

So I went back to the Petrou Ralli 24 police station early in the morning to try to be lucky again.

Arrived shortly before six o'clock in the morning, I expected to find a deserted place, it was a mistake. Outside the gates, some thirty "white" people were waiting. Further, a few hundred Africans and Asians were waiting too. To try to understand what was happening, I spoke to the guard who told me:
- Stand in line with the Europeans. They are in front.
And I waited in line. Well, kind of line.
Very quickly, things became extremely chaotic. A man next to me, aged around fifty years old, reminded about those that stayed before him there was a queue. After more than fourty five minutes waiting, there were people everywhere and no one really knew what had happened before that. The man was still grunting against those who had sneaked too conspicuously. It was pointless.
At seven o'clock the gates opened and we entered one by one with our papers. The man who had spent an hour trying to discipline the crowd failed to move forward. He stayed behind.

Once in the yard, we made a line and it was easier to move forward without this turning into a battlefield.

At seven twenty, we were all in a room where we filled a numbered form, sitting in chairs who were numbered too. Some people made it clear they wanted to stay on the chair bearing the same number as their form, the other did not care.
Two windows were open, I had the number twenty-three.

Having fought hard to get where I was, I relaxed a little. After a few minutes, one of the officers passed in front of the windows to order everyone to sit. It takes several minutes, but in the end, everybody was convinced.

This guy, from time to time, returned from his desk to yell at people. I do not know what they did to deserve such treatment, but maybe it was just a way for him to take a break every now and then.

At eight twenty, I was finally called.

Europe for the rich and for the slaves.

As I had learned to say "sorry, I do not speak Greek," things were going pretty well, until we talk about money.
Proof of income in French were not accepted - I expected that - but the worst was that it was not possible to have a certified translation anywhere.
To become a citizen of Athens, an employer is required, or you need a Greek bank account on which you must have depose four thousand euros. Income from abroad are not taken into account. For me, as I were doing efforts to pay taxes on my foreign income in Greece (my French income will be taxed in France) I had the impression I was forced to cheat.

When I explained that banks, to open an account, just asked a AFM number, the man in front of me almost smiled. Then, he released a paper which he tore a piece and surrounded a passage before he said:
- Go to this address, they will give you an AFM number so you can open a bank account.



I felt I could have cried, but I hid my emotion.

Once back home, I notice that the address the man gave me was in the anarchist quarter of Athens.



Some research online showed me this center was originally made for expat Greeks.



For today, I had my dose administration, but I think I will go there tomorrow.

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