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lundi 18 juin 2012

Une journée décisive, jusqu'à la prochaine fois

A decisive day, until next time


De retour sur place après le non-événement du six mai, je suis à nouveau venu voir comment se passaient ces élections dont tout le monde parle en Europe.













Seize heures trente, sur la place du Parlement (place Syntagma).

À part les quelques Africains qui vendent des contrefaçons de sacs Vuitton à la poignée de touristes qui a osé faire le déplacement, la place est déserte. Même les SDF ont fichu le camp. Comme hier, le stand du parti ‘Nouvelle démocratie’ reste seul détail qui rappelle que nous sommes peut-être à un tournant de l’histoire grecque et européenne. Ce parti conservateur était arrivé en tête aux dernières élections, mais n’avait pas réussi à rassembler une coalition capable de former un gouvernement.



Ici, le vent souffle tellement fort qu’une poubelle est projetée sur la chaussée et manque de provoquer un accident. Au bout de quelques minutes, un gardien vient la ramasser et ramasser les déchets sur le sol. Dehors, un chauffeur de bus renseigne des touristes du mieux qu’il peut. Même en ces temps difficiles, la ville veut rester digne et accueillante.




Puisqu’il ne se passe rien, je décide de bouger un peu. Pendant ma promenade, je tombe sur les stands de Syriza (parti de gauche radicale) et du Pasok (parti socialiste). Si ‘Nouvelle Démocratie’ n’est pas le seul à s’afficher dans la rue, on peut être surpris de voir le stand du Pasok complètement vide ; on n’y trouve même pas un militant.



Comme le quartier anarchiste (Exarchia) est encore plus désert que le centre-ville, je décide de pousser jusqu’à l’école polytechnique, un peu plus au nord.
À la vue des SDF qui se piquent en pleine rue devant les grilles de cette prestigieuse institution, je décide de ne pas sortir mon appareil photo (je sais, je fais un piètre journaliste) et je passe mon chemin. Quelques dizaines de mètres plus loin, je tombe sur une escouade de policiers. La sciure répandue sur le sol, au milieu d’un carrefour, me laisse penser qu’ils sont venus à cause d’un accident de la route.


Dix-huit heures.

De retour dans le centre-ville, je réalise que les rues d’Athènes sont principalement occupées par des mendiants, des touristes et des policiers. Les citoyens sont restés chez eux. Malgré cela, la décontraction des forces de l’ordre me laisse penser qu’il n’y aura pas de débordements ce soir.




Vingt heures.

Les résultats commencent à sortir et sont annoncés par circonscription. Globalement, ‘Nouvelle Démocratie’ et ‘Syriza’ occupent le haut de l’affiche tandis que la plupart des petits partis ont perdu des voix. Le vote utile a primé, même si le ‘Pasok’ et ‘Aube Dorée’ tirent leur épingle du jeu. Cette fois, les Grecs ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas.


En demandant ce qu’il se passe autour de moi, j’apprends que le décompte des voix n’est pas terminé à Athènes et que ‘Nouvelle démocratie’ aurait soixante pour cent de chance de l’emporter.


Vingt heures trente.

Les résultats nationaux sont tombés. ‘Nouvelle Démocratie’ est en tête et serait capable de former une majorité avec le seul soutien du Pasok.


Sur la place, on entend quelques applaudissements, trois coups de sirène, et puis, plus rien. Derrière moi, un homme s’apprête à parader en vélo en agitant un drapeau grec, tandis qu’un autre, vaguement déguisé en Angela Merkel s’exhibe et fait semblant de s’étonner de voir les journalistes travailler ce dimanche.



Dans l’Athens Plaza, les vrais journalistes s’apprêtent à faire leur direct depuis leur chambre. Si j’avais eu un meilleur téléobjectif, vous en auriez peut-être reconnu quelques-uns.



Sur le chemin du retour, je ne vois aucun sourire, et moi-même, je me sens un peu barbouillé.




A decisive day, until next time

Back on the field after the non-event of May the 6th, I came to see how were taking place the elections whom everyone talks about in Europe.


Four-thirty o'clock, on Parliament Square (Syntagma Square).

Besides the few Africans who sell fake Vuitton bags to a handful of tourists who dared make the trip, the place is empty. Even the homeless have decamped. Like yesterday, the stand of the party 'New Democracy' is the only detail that reminds us that perhaps we are at a turning point in Greek and European history. The Conservative party was topped in the last election, but did not manage to assemble a coalition capable of forming a government.



Here, the wind blows so hard that a bin is projected onto the floor and almost causes an accident. After a few minutes, a guard comes to fix it and pick up litter on the ground. Outside, a bus driver informs tourists the best he can. Even in these difficult times, the city is to remain dignified and welcoming.


Since nothing is happening here, I decide to move a bit. During my walk, I fall on the stands of Syriza (radical leftist party) and PASOK (Socialist Party). If 'New Democracy' is not the only one to appear in the street, I'm surprised surprised to see the stand of PASOK completely empty. There's not even an activist.




As the anarchist neighborhood (Exarchia) is even more deserted than the downtown, I decided to push on to Polytechnic school, a little further north.
At the sight of homeless people who use needles on the street outside the gates of this prestigious institution, I decided not to take my camera (I know, I am a mediocre journalist) and I go my way. A few dozen yards away, I come across a squad of policemen. Sawdust spread on the floor, in the middle of an intersection, leads me to believe that they came because of a traffic accident.


Six o'clock.

Back in downtown, I realize that the streets of Athens are mainly occupied by beggars, tourists and police. Citizens has stayed home. Despite this, the relaxation of police forces leads me to believe that there will be no overflow tonight.


Eight o'clock.

The results are starting to come out and announced by constituency. Overall, 'New Democracy' and 'Syriza' occupy the top of the bill while most of the smaller parties lost votes. The winning vote made sense, even if the 'Pasok' and the 'Golden Dawn' draw their own in the game. But this time, the Greeks can not say they did not know.


By asking what is happening around me, I learned that the vote count is not finished in Athens yet, and 'New Democracy' would have sixty percent chance of winning.


Eight thirty o'clock.

The national results are known. 'New Democracy' won and should be capable of forming a majority with the sole support of PASOK.


On the square, some applause are heard, and three sirens, and then nothing. Behind me, a man prepares a bike parade waving a Greek flag, while another, vaguely disguised as Angela Merkel makes his show and pretends to be surprised that journalists work on Sunday.



From the Athens Plaza, real journalists are on the edge to make their live from their bedrooms. If I had a better camera, you would perhaps recognise a few.


On the way back, I see no smile, and myself, I feel a bit sick.


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