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jeudi 7 juin 2012

Bienvenue à Matala – Aujourd’hui, c’est la vie. Demain on s’en fout (II)

Welcome to Matala – Today is life. Tomorrow never comes.



Je pars vers le stand principal ; celui des concerts. Il se trouve à quelques dizaines de mètres et en chemin, j’entends les deux musiques se superposer dans mes oreilles. Heureusement, cela ne dure que sur quelques mètres et rapidement, cette sensation se dissipe ; le chanteur prend le dessus à mesure que je me rapproche de la scène principale.


Ne comprenant rien à la variété grecque et agacé par les nombreux larsens qui parsèment sa prestation, je ne reste que quelques minutes.

Ce n’est que bien plus tard que les choses redeviennent intéressantes sur le plan musical. Des chanteurs ou des groupes talentueux et variés se succèdent sur la scène.



Succession rapide et parfois un peu trop éclectique. Quand un group de rock expérimental passent des sonorités trop industrialisées et qui s’accordent mal avec l’ambiance « plage » de l’événement, une bonne partie du public prend la fuite.





A deux heures du matin, la musique continue, et malgré les petits mouvements de mes pieds pour l’accompagner, je réalise que la température a dégringolé. Je serai incapable de trouver le sommeil en grelottant sur mon hamac.


Si la recherche d’un hôtel à cette heure avancée de la nuit s’avère désastreuse (le seul dont la réception est ouverte, s’avère bien évidemment complet) cette quête insensée me permet de distinguer les deux parties bien distinctes qui composent l’île : la plage est occupée par les festivaliers adeptes de variétés locales et qui dansent maintenant en croisant les jambes sur des musiques traditionnelles ; le port est, quant à lui, envahi par des clubers qui, s’ils consomment plus d’alcool, n’en sont pas pour autant meilleurs mélomanes. Dépité et transi, je retourne sur la plage.


Quand la fatigue devient insoutenable mais que le froid m’empêche toujours de trouve le sommeil, je regarde autour de moi et vois de nombreux transats libres. Avec la musique comme seul compagnon d’infortune, j’en choisis un pour m’allonger. Le seul avantage que je trouve à mon hamac, c’est que je peux au moins me rouler en boule. Seul à ne pas avoir amené de sac de couchage ou de couverture polaire, j’empile sur moi les quelques t-shirts et la serviette de bain que j’ai amenés. Qui voyage léger se gèle la nuit.

Quelques heures plus tard,  je ne suis pas sûr d’avoir dormi, mais les premières lueurs du jour m’indiquent que si le froid va atteindre son paroxysme, mon calvaire est bientôt terminé. Il me faut encore plus d’une heure pour sentir sur ma peau la chaleur du soleil. J’entre en mode «  décongélation » et, en fin de matinée, après avoir récupéré l’usage de mes membres, je refais le tour des hôtels et trouve une chambre libre. La douche brûlante que je prends finit de me ramener dans le monde des vivants. Trop frileux pour faire un bon hippy, je peux au moins essayer de me comporter en touriste honorable.


Sur la porte de la chambre, les prix sont affichés, mais ne tiennent pas compte de la crise. De quarante euros, je suis passé à vingt-cinq, sans négocier et sans même cacher que je cherchais désespérément à me mettre à l’abri du froid pour la nuit suivante. J’ai presque honte de ne pas avoir pris une chambre la veille.

En passant le long des stands de souvenirs, (colliers à fleurs, t-shirts à fleurs, savons en forme de fleurs…) je discute un peu avec les commerçants.


Maros était infirmière, mais elle a perdu son emploi à cause de la crise. Elle s’est reconvertie dans la confection de bijoux fantaisies (principalement en forme de fleurs) mais ne vend pas grand chose. Malgré cela, elle est fière d’annoncer qu’elle a fait de son hobby un métier.
Sur la politique, elle a des idées bien arrêtées.
– Ils nous ont dit que nous étions Européens, et on y a cru, mais c’est un mensonge. Les Grecs sont « balkaniques ».
– Tu penses à qui quand tu dis « ils » ?
– Aux dirigeants, à ceux de Grèce comme à ceux des autres pays européens.
Je lui achète une bouteille d’alcool de fraise « organique » et me demande pourquoi les « balkaniques »  n’auraient pas le droit d’être européens.

Le soir, comme la musique ne m’emballe pas, je reste avec mes nouveaux amis. Vers onze heures du soir, nous voyons une ambulance et des policiers passer. Un type s’est fait arrêté.
Après quelques dizaines de minutes, Élodie, une française installée dans le coin nous explique :
– C’est un Anglais qui s’est fait plaqué par sa copine et qui savait qu’elle venait au festival. Il a fait le voyage, l’a retrouvée et l’a tabassée.
En entendant cette histoire, George, le copain Grec d’Élodie, ne peut s’empêcher de se demander à voix haute :
– Et c’est nous, les sauvages qui ne sommes pas dignes de rester dans l’Europe ?

À suivre

Welcome to Matala – Today is life. Tomorrow never comes.


I go to the main stand, one of the concerts. It stands a few tens of meters, and along the way, I hear the two music running in my ears. Fortunately, it takes only a few feet and quickly, that sensation passes, the singer takes over as I move closer to the main stage.


Not understanding the variety Greek and annoyed by the many Feedback that ruin the performance, I only stay a few minutes.

It was much later that things turn interesting on the musical. Singers or bands talented and diverse pass on the stage.




Rapid succession and sometimes a little too eclectic. When a band of experimental rock spends too industrialized sounds which doesn't match well with the mood "beach" of the event, much of the public flees.







At two o'clock in the morning, the music continues, and despite the small movements of my feet to go with, I realize that the temperature plummeted. I will be unable to sleep in my hammock while shivering.


If searching a hotel at this late hour of the night turns disastrous (the only one whom reception is open, is obviously complete) this insane quest allows me to notice two distinct parts that make up the island: the beach is occupied by the festival followers of local varieties and they're now dancing by crossing their legs on traditional music, the port is, in turn, invaded by party animals who, if they consume more alcohol, are not much better melody lovers. Frustrated and frozen, I go back on the beach.


When tireness becomes unbearable but the cold keeps me far from finding sleep, I look around me and see many sunbeds. With music as my only companion in misfortune, I choose one to lie down. The only advantage I find compared to my hammock, is that I can at least curl up. Only one not having brought a sleeping bag or blanket fleece, I pile on me a few t-shirts and the bath towel I brought. Travels light freeze at night.

A few hours later, I'm not sure I've slept, but the first light tell me if the cold will reach its peak, my pain is over soon. Besides, I still need more than an hour to feel the warm sun on my skin. I enter in "defrost" mode and, in the late morning, having recovered the use of my limbs, I make the rounds of the hotels in order to find a available room. The hot shower that I have finally bring me back into the living world. Too sensitive to cold to make a good hippy, I can at least try to behave as a decent tourist.


On the door, prices are printed, but do not take the crisis in account. From forty euros, I went to twenty-five, without negotiations and without even hiding that I was desperate to shelter me from the cold I had the last night. I am almost ashamed not to have taken a room the night before.

Passing along the souvenir stands, (flower necklaces, t-shirts with flowers, soaps shaped flowers ...) I talk a little with the shopkeepers.


Maros was a nurse, but she lost her job because of the crisis. She converted herself into making costume jewelery (mainly shaped flowers) but does not sell much. Despite this, she is proud to announce that it has turned her hobby into a job.
On politics, she has strong views.
- They told us that we were Europeans, and it was believed, but that was a lie. The Greeks are "Balkanics".
- You think about who when you say "they"?
- About those leaders, those of Greece and those from the other European countries.
I buy her a bottle of "organic" strawberry alcohol and wonder why the "Balkanics" would not have the right to be European.

This evening, as the music does not passionate me so much, I stay with my new friends. Around eleven o'clock, we see an ambulance and a police patrol passing. A guy has been arrested.
After a few tens of minutes, Elodie, a French girl settled in the area explains:
- This is an Englishman who has been dumped by his girlfriend and who knew she came to the festival. He made the trip, found her and beaten her.
Hearing this story, George, the Greek boyfriend of Elodie, can not resist to wonder aloud:
- And we are the savages who are not worthy to stay in Europe, aren't we?

To be continued













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