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lundi 28 mai 2012

La Grèce, laboratoire de l'Europe


En cette période de crise économique, alors que nous avons besoin, plus que jamais, d’analyses subtiles et de prévisions prudentes, nous sommes submergés de constats faits à la truelle et de projections dans l’avenir qui relèvent plus de la divination que de l’intelligence.


Manque de réalisme, positions partisanes et manque d’imagination ; tous les ingrédients sont présents pour nous mener à la catastrophe, et c’est en effet le chemin que nous prenons. Depuis cinq ans que la crise a débuté, nous sommes quand même en droit de nous demander pourquoi nous n’avons pas été capables de la juguler.


Le syndrome de Marie-Antoinette.

– Le peuple ne peut plus se payer de pain.
– Eh bien, qu’il mange de la brioche.

Provocation ou manque de réalisme ? J’ignore si la question a été posée à la pauvrette avant qu’on ne la décapite, mais la phrase était pour le moins maladroite.
Dans certains pays d’Europe, la situation est quelque peu similaire. En Grèce, des retraités ont vu leur pension passer de 400 à 320 euros par mois, et un instituteur est payé 600 euros par mois, quant aux prix, à Athènes ils sont tout à fait comparables à ceux qu’on peut trouver en France. Devant les difficultés de cette population qui souffre, la patronne du FMI s’est contentée de dire qu’ils n’étaient pas les plus malheureux et qu’ils devaient payer leurs impôts.

Cette remarque, en plus de montrer le mépris avec lequel les classes les plus aisées considèrent les populations en difficultés, appelle à la réflexion suivante : si la crise n’est pas encore résolue, c’est peut-être parce que certaines institutions dirigeantes ont intérêt à ce qu’elle continue.


Toute choses égales par ailleurs.

Cette expression permet d’étudier l’impact d’une réforme en excluant volontairement de nombreux paramètres inhérents à cette réforme. Si les économistes l’emploient comme une précaution d’usage, les politiciens s’en servent dans leurs explications, sans jamais la nommer.

Par exemple :

Si les salaires baissent (toutes choses égales par ailleurs), l’usine fait plus de bénéfices et elle peut embaucher plus d’employés. On oublie de préciser que si personne ne peut plus acheter de voiture à cause de la baisse des salaires, l’usine ne pourra pas vendre ce qu’elle a produit.

Si on ne donne pas d’argent aux banques (toutes choses égales par ailleurs), elles ne pourront plus soutenir l’économie en finançant la création d’entreprises. Pourtant, ces mêmes banques, si on éponge leurs dettes avec l’argent des contribuables, investiront plus facilement dans des produits à hauts risques que dans l’économie « réelle ».

Si on plafonne les loyers (toutes choses égales par ailleurs) les propriétaires vendront ou refuseront de louer. Mais si tous les propriétaires décident de vendre en même temps, les prix d’achat baisseront et la vente ne sera pas plus attractive que la location.

Bref, dans ce système complexe qu’est l’économie mondiale, en analysant chaque mesure ou chaque politique comme indépendante, il est possible de démontrer tout ce qu’on veut… et son contraire.

Encore une fois, comme de telles déclarations proviennent de personnalités supposées intelligentes, on peut se demander dans quelles mesures elles n’ont pas intérêt à nous convaincre de l’efficacité de ces politiques qui nous sont pourtant nuisibles.


L’imagination au travail.

Autre constat alarmant, et à mon sens, c’est même ce qu’il y a de plus grave : aucune mesure nouvelle n’a le temps d’être appliquée pour résoudre la crise.
La taxe Tobin : dangereuse.
La séparation des banques de placements et des banques d’affaires : oubliée.
La démocratie participative : trop complexe.
La 6ème Constitution : inutile.


Bref, alors qu’ils nous décrivent la situation comme catastrophique, nos politiciens continuent de jouer avec les robinets du social et de l’économique comme on jouerait avec ceux d’eau chaude et d’eau froide alors qu’il n’y a plus d’eau dans le tuyau.

Là encore, on peut se demander si c’est par paresse intellectuelle ou si c’est parce qu’ils ont intérêt à ce que la situation perdure qu’ils ne font rien.




Et pour ceux qui s’étonnent encore qu’à la crise grecque on ne trouve que deux portes de sortie : la misère ou l’obéissance, je propose d’aller faire un tour sur ce site qui, en 2009, parlait de la réunion « Bilderberg » qui se tenait à Athènes et donnait déjà les grilles de lecture pour anticiper ce qui se passe aujourd’hui dans ce pays.

Le Bilderberg 2009 doit se concentrer cette année selon Daniel Estulin, journaliste canadien qui vit en Espagne et qui a écrit un livre publié en 2005, "Bilderberg Club — The Rulers of the World" sur la dépression mondiale. […] Esculin a cité des sources liées au groupe disant que Bilderberg étudie deux options :

1. soit une dépression prolongée, agonisante, condamnant le monde à la stagnation, le déclin, la pauvreté...

2. soit une dépression intense mais plus courte qui ouvre la voie à un nouvel ordre économique mondial durable, avec moins de souveraineté mais plus d'efficacité.

Étrange, c’est exactement le choix qu’on donne aux Grecs en ce moment.




Greece, the laboratory of Europe.

In this time of economic crisis, while we need, more than ever, subtle analysis and cautious projections, we are flooded in observations made with a trowel and projections that come more from divination than from logical.


Lake of realism, partisan positions and lack of imagination, all the ingredients are there to lead us to disaster, and this is indeed the path we're following. Five years since the crisis began, we are still entitled to ask why we were not able to stop it.



The syndrome of Marie Antoinette.

- People can not afford bread.
- Well, let them eat cake.



Provocation or lake of realism? I do not know if the question was posed to the poor thing before she was decapitated, but the sentence was awkward to say the least.
In some European countries, the situation is somewhat similar. In Greece, retirees have seen their pension reduced from 320 to 250 pounds per month, and a teacher is paid 480 euros a month. Concerning the prices, in Athens they are quite comparable to those that can be found in France. Given the difficulty of this suffering population, the boss of the IMF was satisfied to say that they were not the most unhappy and that they had to pay their taxes.

This remark, more than showing the contempt with which the upper classes see people in trouble, calls for the following thought: if the crisis remains unresolved, it may be because some governing institutions have interest that it continues.


All other things being equal.


This expression allows to study the impact of a reform, deliberately excluding many parameters inherent in this reform. While economists use it as a safe way, politicians are using it in their explanations, without ever naming it.

For example: 
If wages fall (all other things being equal), the factory makes more profit and can hire more employees. The fact that if nobody can buy a car because of lower wages, the factory can not sell what it produced is forgotten to be mentioned.

If you do not give money to banks (all other things being equal), they can no longer support the economy by financing business creation. Yet these same banks, if you sponge off their debts with taxpayer money, invest more readily in high risk products than in the "real" economy.


If rents are capped (all other things being equal) the owners refuse to sell or rent. But if all the owners decide to sell at the same time, the purchase price will drop and the sale will not be more attractive than renting.

In short, in this complex system in the world economy, by analyzing each measurement or each policy as independent, it is possible to show everything you want ... and its opposite.


Again, as such statements come from supposedly intelligent personalities, one wonders in which way they have no interest in convincing us of the effectiveness of these policies that we are nevertheless harmful.


Imagination at work.




There's another alarming finding, and in my opinion, this is what is even worse: no new measures have time to be applied to resolve the crisis.
The Tobin Tax: dangerous.
The separation of investment banks and investment banks: forgotten.
The participatory democracy: too complex.
The sixth Constituency: useless.


In short, while they describe the situation as catastrophic, our politicians continue to play with the taps of the social and economic ones as they play with hot water and cold water when there is more of water in the pipe.

Again, one wonders if it's intellectual laziness or because they have an interest in the situation persisting than they do nothing.










And for those who are surprised that even in the Greek crisis there are only two exits: poverty or obedience, I propose to go for a ride on this site who, in 2009, spoke about the "Bilderberg" meeting held in Athens and who was already giving the interpretations of the data to anticipate what is happening today in this country.


The 2009 Bilderberg must focus this year according to Daniel Estulin, a Canadian journalist who lives in Spain and who wrote a 2005 book, "Bilderberg Club - The Rulers of the World" on the global depression. [...] Esculin quoted sources related to the Bilderberg group and said that they were considering two options:

1. a prolonged depression, dying, condemning the world to stagnation, decline, poverty ...

2. an intense but shorter depression that paves the way for a new sustainable economic world order, with less sovereignty but more efficiency.

Strange, that's exactly the choice that gives the Greeks at this time.

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