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jeudi 24 mai 2012

Entre la marteau et l'enclume, la misère et l'exploitation


« L'Union européenne veut que la Grèce reste dans l'euro et respecte ses engagements. » — Europe 1
« Hors de question de voir la Grèce sortir de la zone euro. » — L’Express
« La France et la Grèce jouent avec le feu. » — La Tribune
« L'UE dit oui à la Grèce dans la zone euro, mais demande plus d'efforts. » — Libération



Ces derniers jours, nous avons eu droit à un festival d’informations sur la meilleure conduite à tenir pour sortir de cette crise. Les analyses s’enchaînent et les propositions fusent, mais au final, le peuple grec, à l’instar du peuple européen, devra trouver un équilibre entre la misère et l’anarchie, et ce, quel que soit le choix démocratique qu’ils exprimeront le 17 juin.
Le peuple est libre d’évoluer à l’intérieur des limites qui lui ont été fixées, quitte à se diriger inexorablement vers l’impasse.


« Un problème sans solution est un problème mal posé » — Albert Einstein.

On peut déjà se poser des questions légitimes sur la façon dont la croissance est évaluée dans le monde (se retrouver bloqué dans un embouteillage fait consommer de l’essence et produit de la croissance), mais même sans aller jusque-là, même en acceptant les outils de mesure des économistes, on ne peut que déplorer la façon dont ces mesures sont ensuite exploitées.
Une baisse de croissance – réelle ou seulement envisagée – fait peur aux marchés, cette peur se transmet immédiatement aux entreprises qui ont besoin des investisseurs pour survivre et qui sont contraintes de fermer ou de délocaliser. À ce moment, même les entreprises qui ne sont pas en danger utilisent ce prétexte pour licencier le personnel pas assez rentable ou pour revoir les salaires à la baisse. Ces pratiques ont bien sûr des répercussions sur le pouvoir d’achat des populations, et la baisse du pouvoir d’achat amplifie la décroissance et la chute des marchés.
Au final, on se retrouve un peu comme si on demandait à un radiesthésiste d’évaluer la situation. Le mouvement du pendule n’est lié à rien d’autre qu’à celui qui le tient du bout des doigts.




« Ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément. » — Albert Einstein.

Cette incapacité à prendre la réelle mesure de la situation ne serait pas aussi grave si les estimations des experts n’étaient pas fortement auto-réalisatrices. Une situation décrite comme catastrophique fait fuir les investisseurs (ou les fait attendre, ce qui revient au même) et rendent impossible la création de richesses. Les difficultés rencontrées par ceux qui voudraient créer leur entreprise se répercutent sur ceux qui voudraient y trouver du travail, puis sur ceux qui ont des choses à vendre à ces derniers, et la boucle est bouclée.
D’ailleurs, quand on parle de relancer la croissance à des Athéniens, la plupart répondent : « De toute façon, il n’y a plus d’argent ici, c’est terrible » et ils soupirent de désespoir.

Sauf que, si ça ne dérange pas beaucoup l’Européen moyen de savoir que vingt pour cent du peuple grec sont au chômage, il est maintenant établi que les recettes de l’État qui proviennent des taxes sur tous les bénéfices engrangés sur son sol s’amenuisent à mesure que les transactions se raréfient.
Or, ceux qui ont investi en Grèce réalisent maintenant que les taux d’intérêt élevés qui leur permettaient de faire de gros bénéfices étaient liés au risque de ne pas être remboursés.




« Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu'il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau. » — Albert Einstein.

Tout le monde a donc intérêt à ce que la Grèce reste dans la zone euro et paye sa dette, tout le monde sauf les Grecs.
Rester dans la zone euro revient à devoir accepter les efforts exigés par les pays extérieurs, ou à se retrouver dans l’incapacité de payer ses fonctionnaires d’ici quelques semaines. Or, le non-payement des fonctionnaires aboutira, à terme, à l’impossibilité de faire régner la loi et de collecter les taxes. Consentir à plus d’efforts permettra de toucher les subsides de la troïka (Europe, FMI et banque centrale), mais maintiendra la croissance à zéro. Le pays survivra tant bien que mal et la dette augmentera puisque l’État ne pourra pas toucher de quoi la rembourser. Ou alors, l’économie se relancera avec un système ultralibéral dans lequel les travailleurs toucheront à peine de quoi survivre et seront privés de tous leurs droits sociaux acquis jusque-là (sécurité sociale, congés, retraite…)
Les Grecs ont le sentiment (peut-être à juste titre) que leur pays sert de laboratoire pour instaurer un tel système dans toute l’Europe. La dette ne pouvant être remboursée sans croissance, et la croissance n’étant pas étirable à l’infini, tous les pays finiront un jour ou l’autre au pied du mur et devront revenir à un modèle social tel que celui qu’on a connu en Angleterre, après la révolution industrielle qui engendrait la misère en même temps que le progrès.





« Je ne pense jamais au futur. Il vient bien assez tôt. » — Albert Einstein

Le peuple grec se prononcera le dix-sept juin. Quel que soit son choix, il faudra le respecter, mais dans les rues d’Athènes, les citoyens savent que, vu l’impasse dans laquelle le pays se trouve, l’élection ne sera qu’une première étape. S’ils arrêtent de payer, ils auront une économie à faire repartir de zéro, avec ou sans l’aide de l’Europe ; s’ils continuent de payer, ils devront trouver un moyen pour relancer la croissance malgré la pauvreté endémique et les taxes qui s’abattront sur eux, tout en sachant que cette croissance ne sera pas éternelle.





Between the devil and the deep blue sea, misery and exploitation.


"The European Union wants  Greece to keep euro and to fulfill its commitments" - Europe 1
"No way to see Greece leaving the euro area" - L'Express
"France and Greece are playing with fire" - La Tribune
"EU says yes to the Greece in euro area, but asks for more effort" - Libération



These days, we were given a festival of information about the best course of action to overcome this crisis. Analyzes follow analyses and proposals fuse, but in the end,  whatever the democratic choice they express on June 17, the Greek people, like the European one, must find a balance between anarchy and misery.
People are free to decide within limits that had been set, even heading inexorably towards stalemate.


"A problem without a solution is ill-posed problem" - Albert Einstein.

We can already ask legitimate questions about how growth is evaluated in the world (to get stuck in traffic is consuming fuel and produces growth), but even without going that far, even accepting measurement tools of economists, we can only deplore the way these measures are exploited then.
A drop in growth - real or only excepted - scares the markets, this fear is transmitted immediately to companies who need investors to survive and are forced to close or relocate. At that time, even companies that are not in danger use this pretext to get rid of not profitable enough staff or to review salaries downward. These practices have of course effects on the purchasing power of populations, and declining purchasing power amplifies the decline and the fall of markets.
Finally, we find ourselves a bit like asking a dowser to assess the situation. The pendulum is not tied to anything other than the person holding it with his fingertips.




"What counts can not always be counted, and what can be counted, does not necessarily counts."- Albert Einstein.

This fails to appreciate the real extent of the situation would not be so bad if these expert estimations were not strongly self-fulfilling. A situation described as catastrophic scared off investors (or make them wait, which is the same) and makes wealth creation impossible. The difficulties encountered by those wishing to create their business affect those who want to find work, then those who have things to sell to them, and come full circle.
Moreover, when we speak of restoring growth to the Athenians, most say, "Anyway, there is no more money here, it's terrible" and they sigh of despair.

Except that if it does not bother so much the average European to know that twenty percent of the Greek people are unemployed, it is now settled that state revenue that comes from taxes on all profits earned on its soil diminishes while transactions turn rare.
But those who invested in Greece now realize that high interest rates that allowed them to make large profits was related to the risk of not being reimbursed.




"The world we have created is the result of our level of thinking, but its problems can not be solved at this level."- Albert Einstein.

Everyone has an interest that Greece remains in the euro area and pays his debt, everyone except the Greeks.
Staying in the euro area implies to have to accept the efforts required by neighborhood countries, or to find themselves unable to pay its civil servants in a few weeks. However, the non-payment of civil servants will lead eventually to the inability to maintain law and collect taxes.
Consenting more effort will allow to reach the subsidies of the troika (Europe, IMF and central bank), but will maintain zero growth. The country will survive somehow, and the debt will increase because the state can not touch money to pay it back. Or, it will boost the economy with an ultra-liberal system in which workers receive barely enough to survive and are deprived of all their social rights acquired previously (social security, vacation, retirement ...)
The Greeks feel (perhaps rightly) their country is used as a laboratory to establish such a system across Europe. The debt can not be refunded without growth, and growth is not to be stretch to infinity, all countries will end up either to the wall and will return to a social model as the one we knew in England, after the industrial revolution, which produced misery along with the progress.




"I never think of the future. It comes soon enough."- Albert Einstein

The Greek people will vote on June the 17th. Whatever his choice will be, it will have to be respected, but in the streets of Athens, the citizens know that, given the dead-end the country is in, the election will be a first step. If they stop paying, they will have an economy to start from scratch, with or without the help of Europe. If they keep paying, they will have to find a way to boost growth despite widespread poverty and taxes that they will be asked, besides, this growth will not last forever.

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