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samedi 14 avril 2012

Premier jour - première impression


Je m’étais préparé à tout avant d’atterrir à Athènes ; des émeutes dans l’aéroport, des grèves dans les transports en commun ou des flics armés jusqu’aux dents à chaque coin de rue. Aujourd’hui, je dois bien admettre que je n’ai rien vu de tout cela.


À Athènes, le métro est impeccable, les gens sont charmants, et même si les rues sont étrangement calmes pour un samedi après-midi précédent le dimanche de Pâques, la plupart des boutiques et des restaurants sont ouverts.
Pourtant, derrière la normalité de bon ton qui recouvre cette ville, on sent qu’une histoire est en gestation dans les ruelles. Petite histoire ou grande histoire ? Entre les vieux qui n’ont plus rien à perdre et les jeunes qui n’ont plus grand-chose à gagner, cela dépendra de la façon dont ils se révolteront, pour peu qu’on leur en laisse le choix.


La solidarité entre les générations est d’ailleurs la première chose qui m’a sauté au visage quand je suis arrivé ce matin. Dans le métro qui nous amenait de l’aéroport au centre-ville, chaque fois qu’une personne âgée passait les portes du wagon, un plus jeune se levait et, sans qu’aucun mot ne soit échangé, il cédait sa place. Visiblement, les Grecs savent ce que c’est que d’avoir à prendre tous les jours les transports en commun pour aller travailler quand on a plus de soixante ans.

La deuxième chose que j’ai remarquée sur le trajet, c’était toutes ces usines abandonnées à la périphérie de la ville. Portes éventrées, fenêtres brisées, murs tagués ; ces immenses bâtiments peuvent maintenant abriter tous les laissés pour compte qui se sont retrouvés à la rue pendant la crise. Juste retour des choses : que ce soit comme lieu de travail, comme abri ou comme projectile, la pierre reste au service de l’homme. Maintenant, il me reste à déterminer si les gens qui se réfugient dans ces lofts de pauvres s’y laissent mourir ou s’ils y réfléchissent à leur avenir.



Après ce petit périple, quand je suis arrivé à mon hôtel et que j’ai pu discuter avec la réceptionniste, elle m’a dit que seule une petite partie de la jeunesse était optimiste sur la façon dont les choses pourraient se passer. D’après elle, ils chercheraient à changer de mode de vie pour que leur bonheur ne dépende plus des décisions des marchés. Ensuite, elle m’a confié qu’elle espérait de tout cœur qu’ils trouveraient, parce que sinon, la situation serait catastrophique. En ramassant le petit lexique anglais-grec qu’il y avait sur la table basse, je me suis dit qu’elle n’avait peut-être pas tort.






First day - first feeling

I felt prepared for everything before I landed on Athens ; riots in the airport, public transportation on strike, cops heavily armed at every corner. Today I have to admit I haven't seen anything of that.


In Athens, the metro is spotless, people are nice, and despite the fact the streets are strangely quiet for a Saturday afternoon before Easter Sunday, most of the shops and restaurants are open.
Even so, behind the fashionable normality that overlay the town, one feels a story is in gestation in the back streets. Small story or history? Between the old guys who have nothing to lose and the young guys who have not much to win, that will depend of the way the will rise up, provided that they got the choice.


Besides, solidarity between generations is the first thing who jumped on my face when I arrived this morning. In the metro who brought us from the airport to the city-center, every time an old guy passed the door of the wagon, a young one got up and, with no words told, he gave his place. Obviously, Greeks know what it means to go to work by public transportation after being more than sixties.

The second thing I noticed during this trip was all the abandoned factories around the town. Disassembled doors, smashed windows, tagged walls ; these huge buildings now can shelter all the left behind who finished in the street during the crisis. Fair reward, whatever a place to work, a shelter or a projectile, the stone still is at the service of the man. Now, I still have to find out if people who took refuge in these big houses for poor just wait till they die or if they think about their futur there.


After this short trip, when I reached my hotel and could speak with the concierge, she told me just a small part of the youths was optimistic about the way things could happen. According to her, they would be trying to change their way of life so their happiness won't depend of the markets. Then, she confided me that she wholeheartedly hoped they will find out, because if they didn't, the situation would be catastrophic. Picking a small Greek-English thesaurus up from the small table, I realised she might be right.



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