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mercredi 18 avril 2012

Exarcheia ou "C'est quoi un quartier anarchiste ?"


Visiter le quartier anarchiste d’Athènes, c’est un peu comme entrer dans un labyrinthe : on ne peut espérer y trouver quelque chose qu’après s’y être perdu. Et pour cette première visite, j’ai peut-être été un peu trop sage pour y trouver quoi que ce soit d’intéressant.
Cela étant dit, j’ai plein d’excuses. D’abord, il pleuvait, et pour discuter avec des gens, marcher sous la pluie, ce n’est pas l’idéal. Ensuite, les limites du quartier ne sont pas fixées avec exactitude, alors souvent on se demande si on est à l’intérieur ou pas.
D'ailleurs, on m’avait dit : « Le meilleur moyen de savoir si tu es arrivé ou pas, c’est de regarder s’il y a des policiers. Comme les flics n’ont pas le droit de rentrer, quand tu n’en vois pas, c’est que tu y es. »
Mais si la police est omniprésente dans les rues d’Athènes, les agents se montrent plutôt discrets dès qu’on s’éloigne du centre-ville, il ne suffit pas de lever la tête sans voir d’uniforme pour se savoir chez les anars ; alors, on se repère en fonction des tags et du look des façades.




C’est mieux que rien, mais l’exercice a ses limites : s’il suffisait de peindre les murs pour renverser le système, ça se saurait.
À un moment, j’ai pensé accoster des passants, mais entre ceux qui se promènent en costard parce que même sans police, le quartier est réputé sûr, et les dealers qui pullulent et qui savent qu’ils peuvent continuer leur business tant qu’ils ne sont pas violents, je n’ai pas grand-chose à déclarer aux chalands. De toute façon, j’imagine mal les vendeurs de cocaïne rigoler et m’accueillir à bras ouverts sur un simple : « Salut, c’est ici le quartier des anarchistes ? »

J’ai donc continué de me promener entre les boutiques fermées pour cause de banqueroute et sur lesquelles sont placardés de gros autocollants jaunes et rouges, les bâtiments incendiés depuis peu (principalement des banques) et les quelques commerces qui sont restés ouverts (presque exclusivement des cafés, des librairies ou des magasins de musique).


Puis, toujours à la recherche d’un quelconque signe me permettant d’entrer en contact avec une communauté alternative et autonome, j'ai fini par échouer dans un parc totalement désert. Là, les campements de fortune me laissent deviner que je me trouve à l’endroit où les SDF viennent dormir à la fin de leur journée de mendicité.

Campement de fortune sur la butte de Strephi
Mais si le froid et la pluie sont de moindres maux par rapport aux mauvaises rencontres qu’on peut faire dans les squats du quartier anarchiste, j’ai bien peur d’être déçu par ce que je risque d'y trouver ; ce qui ne m’empêchera pas d’y retourner.



Exarcheia or "What does an anarchist quarter look like ?"


Visiting the anarchist quarter of Athens, it's a little like entering a labyrinth : You must get lost in order to expect to find anything. And for this first visit, I might have been too wise to find anything interesting.
That being said, I have a lot of excuses. First, it was raining, and speaking with people while you're walking in the rain, it's not so easy. Also, the borders of the quarter are not stated exactly, so one's often wondering if he's inside or not.
Besides, I was told : "The best way to know if you're there or not, it's looking for policemen. As cops are not allowed there, when you don't see any, that means you're in the place."
But if police aren't allowed to enter, policemen are rather discret once they're far from the city-center. Raising the head without seeing any uniform isn't enough to know if your on the anarchist territory, then one uses the graffitis on the walls and the appearance of the frontages to find out his position.



That's better than nothing, but the exercice is limited. If it was enough to paint the walls in order to overthrow the system, it would be known.
At a time, I thought about accosting people, but between the ones who walk in their tuxedo because, although with no police, the quarter has the reputation to be safe, and the drug dealers who swarm and who know they can keep doing business as long as they're not violent, I don't have so many things to say to the passers.
Anyway, I can't easily imagine cocaine dealers laughing and welcoming me warmly with a simple "Hi, is it the anarchist quarter here?"

So, I kept walking between the closed shops because of bankrupt where are patched some massive yellow and red stickers, the recently burnt buildings (mainly some banks) and the few shops still open (almost only cafés, bookshops or music shops).




Then, still looking for any sign with which I could make contact with an alternative and self-efficient community, I eventually finished in a totally desert park. There, the makeshift shelters let me guess than I'm where the homeless come and sleep at the end of their day of mendicity.

Campement de fortune sur la butte de Strephi


But if the cold and the rain are small pains compared to the bad encounters it's possible to have in the abandoned buildings of the anarchist quarter, I'm afraid I could be disappointed by what I could find there, although I shall return.

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